Retrouvez toute l'actualité des transactions et opérations financières du monde de la vigne et du vin répertoriées par Marc Sabaté. Acheter, vendre, investir, financer, l’exploitation ou une transmission de vignes, d’une propriété ou d’un domaine viticole, d’un Château, d’une société de négoce ou de distribution de vins… ce sont les sujets dont nous traitons avec les équipes de In Extenso Finance et de Mirabaud Advisors Et retrouvez toutes les archives sur http://lullyconseil.unblog.fr/
dimanche 12 février 2023
Etats-Unis : Axa Millésimes rachète Platt Vineyard (Sonoma)
Etats-Unis : Domaine Drouhin Oregon rachète Methven Family Vineyards (Willamette Valley)
Sud Ouest : le négociant languedocien Gérard Bertrand rachète le Domaine de Cause (Cahors)
Le négociant languedocien réalise son premier investissement dans le Sud-Ouest, avec un vignoble à l’ouest de l’appellation lotoise qu'il lance dans la conversion vers la biodynamie.
S’il s’aventure dans le Sud-Ouest, le négociant languedocien et ancien international de rugby Gérard Bertrand reste en Occitanie, et en Ovalie. Sur la commune de Soturac (Lot), Serge et Martine Costes viennent de céder leur domaine de Cause (25 hectares de malbec en appellation Cahors) à Gérard Bertrand, le président du groupe de vins éponyme basé au château de l’Hospitalet à Narbonne (Aude).
Pour les vendanges 2022, l’important négociant languedocien réalise son premier investissement dans le Sud-Ouest. Très actif dans les indications géographiques languedociennes (IGP Pays d’Oc, AOP Corbière, la Clape, Minervois, Limoux, Rivesaltes…), Gérard Bertrand va ajouter à son portefeuille l’AOP Cahors et l’IGP Côtes du Lot (en rouge, rosé et blanc grâce à du viognier).
« L’ambition de Gérard Bertrand est de produire un Cahors de grande expression et de s’inscrire dans la continuité des grandes signatures de l’appellation » précise un communiqué, soulignant le potentiel qualitatif d'un terroir de sols calcaires et sidérolithiques. Certifié bio depuis ce millésime 2022, le domaine de Cause va amorcer sa transition en biodynamie, pour être certifié comme tous les autres domaines de Gérard Bertrand (clos d’Ora, clos du Temple, domaine de Cigalus, château l’Hospitalet…).
Languedoc : Pierre Bories (Château Ollieux-Romanis) rachète le domaine Rives-Blanque
Le domaine limouxin fondé par Jan et Caryl Panman est acheté par Pierre Bories, propriétaire du Château Ollieux-Romanis et d’autres domaines en Corbières-Boutenac réunis sous l’ombrelle Artisans-Partisans.
Languedoc - Puech-Haut rachète le Mas de l’Oncle (Pic Saint Loup)
La société de l'ancien industriel Gérard Bru rachète la propriété de Lauret, qui lui permettra de réunir l'élaboration de ses vins du Pic Saint-Loup au sein d'un même lieu. Puech Haut exploite à présent 230 ha de vignes, dont 70ha en zone Pic Saint-Loup.
230 hectares, c’est la surface de vignes que comptent à présent les différentes propriétés entrant dans le giron de Puech Haut, la société d’exploitation et de commercialisation de Gérard Bru, suite au rachat de la dernière en date : le mas de l’Oncle, situé à Lauret, au pied du Pic Saint-Loup. Si cette acquisition est effective depuis le 14 août dernier, ce n’est que début décembre que le toujours discret Gérard Bru a confirmé la reprise du Mas de l’Oncle par la société Puech-Haut, comme annoncé par Terre de Vins.
« C’est une affaire qui ne date pas d’hier », situe d’emblée Denis Gigault, le directeur général de Puech Haut, « nous savions que la propriété était à vendre et y avons travaillé de longs mois avant d’avoir pu finaliser ce rachat des actifs partiels : une dizaine d’hectares de vignes certifiées bio en zone Pic Saint-Loup, le matériel, le fichier client et les bâtiments ». Les stocks, ainsi que 10 ha de vignes situées à Caux, près de Pézenas, ne sont pas repris par Puech Haut à l’occasion de cette vente, alors que la société d’exploitation (SCEA) du mas de l’Oncle était en redressement judiciaire depuis juillet 2021, après cessation de paiement en janvier 2021.
Avec le domaine de Lavabre, situé à Claret et racheté en 2017, et la vingtaine d’hectares de vignes situées à Fontanès, le groupe Puech Haut dispose à présent de presque 70 ha de vignoble en appellation Pic Saint-Loup. « Le fait que le chai de vinification du mas de l’Oncle se situe au milieu de ces deux autres vignobles a été un facteur important, qui va nous permettre de travailler tous nos vins du secteur au même endroit », poursuit Denis Gigault. Au moins aussi important que la modernité de ce nouveau chai, conçu par l’architecte Rudy Ricciotti et achevé en 2017. Pour se défaire de toute attache à l’historique du propriétaire précédent, Gérard Bru a choisi de rebaptiser cette nouvelle propriété. Exit donc le mas de l’Oncle, et place au mas du Bélier, en rappel à la symbolique forte du château Puech Haut.
Les vignes du mas du Bélier ont néanmoins besoin d’une restructuration et remise en état pour cadrer avec les besoins des exploitants de Puech Haut. « L’outil de production est très qualitatif mais les vignes ont besoin d’une remise en état et de replantation », résume Denis Gigault, qui ne souhaite pas communiquer sur l’ampleur de l’investissement réalisé à l’occasion de ce rachat. Dernier avantage de ce nouveau Mas du Bélier : son espace de dégustation qui domaine le chai à barriques. « Nous pouvons enfin exposer les célèbres barriques de Puech Haut qui dormaient cachées depuis 20 ans », ajoute Denis Gigault, pour un mas du Bélier qui deviendra à terme un lieu d’accueil oenotouristique mêlant vin, art et culture, notamment pour exposer
lundi 30 janvier 2023
Bordeaux : Larraqué Vins International rachète la maison Cheval Quancard
Le groupe Larraqué Vins International, de Pierre-Jean Larraqué, vient de racheter l’antique maison de vins Cheval Quancard, et annonce son déménagement de Saint-André-de-Cubzac.
Maison de négoce historique de la Place de Bordeaux, Cheval Quancard (15 millions d’euros de chiffre d’affaires) a été rachetée le 29 juillet par le groupe familial Larraqué Vins International (LVI), basé à Saint-André-de-Cubzac.
À la manœuvre depuis presque deux ans se trouve Pierre-Jean Larraqué, dirigeant de LVI, qui avait le souhait de renforcer la position du groupe qu’il a créé après avoir repris la maison Châteaux en Bordeaux, fondée en 1988 à Saint-André-de-Cubzac (52 millions de chiffre d’affaires).
« C’est vraiment une complémentarité des métiers que vient apporter Cheval Quancard sur l’export et sur les circuits traditionnels, comme chez les cavistes et les restaurants », indique Grégoire Delangre-Haussmann, responsable de la communication de LVI. « Réunir deux familles avec une même vision du métier, c’est ce qui a animé notre volonté de se porter acquéreur de cette maison historique », appuie Pierre-Jean Larraqué.
En constituant ainsi un grand groupe désormais équilibré entre les trois pôles que sont la grande distribution (avec les vins de LVI, de Haussmann Famille et de l’alliance des Récoltants qu’il a créée en 2020), l’export (avec Cheval Quancard en Amérique du Nord, Europe du Nord, Asie) et les circuits traditionnels (dans les cafés, hôtels, restaurants et cavistes avec le réseau de Cheval Quancard), LVI déploie ses ailes dans un univers fermé qui ne compte qu’une centaine d’entreprises ayant le quasi-monopole de la commercialisation des vins de Bordeaux. Pour LVI, l’objectif est affiché clairement : se déployer plus largement sans oublier le cœur de métier, la grande distribution. « On souhaite que le Bordeaux soit bu par tous les Français. Bordeaux n’est pas suffisamment valorisé. On y travaille avec nos partenaires », ajoute Grégoire Delangre-Haussmann.
Rachat de châteaux
Dans la corbeille de la mariée, le groupe LVI a trouvé plusieurs châteaux. Non pas tous les châteaux appartenant aux actionnaires de la Maison Cheval Quancard, mais cinq des plus prestigieux : le château Cossieu-Coutelin, en appellation Saint-Estèphe (3,3 hectares, propriété achetée en 1977), château Haut-Logat, cru bourgeois en appellation Haut-Médoc, à Cissac-Médoc (12,65 hectares), château Paillet-Quancard, en appellation Cadillac (18 hectares, acheté en 1970), château de Sadran, en appellation Cadillac (14,5 hectares), château de Bordes-Quancard, en appellation Bordeaux (15,5 hectares, acheté en 1948). Ces nouvelles acquisitions portent à onze le nombre de châteaux possédés en propre par LVI, dont les plus connus sont les châteaux Vernous, Le Virou et Barre Gentillot. « Cela permet d’accentuer notre stratégie de prémiumisation en intégrant un nouveau cru bourgeois et un Saint-Estèphe », révèle Pierre-Jean Larraqué.
Rachat de marques
Cheval Quancard, c’est aussi un lot de marques qui s’est développé ces dernières années. On peut citer Cuvée Hortense (900 000 cols en Entre Deux Mers) qui rejoint la marque Haussmann dans le top 10 des vins de Bordeaux en 75 cl des derniers panels IRI. Avec Haussmann Baron Eugène Bordeaux Supérieur et Cuvée Hortense Entre-deux-Mers, LVI place maintenant deux marques en n°1 de leurs appellations respectives. Présent en Côtes du Rhône, Côtes de Provence, Bordeaux et Languedoc grâce aux contrats de filière qui concernent 1900 hectares de vignes, LVI est de plus en plus reconnue parmi les grandes marques viticoles françaises.
Si aujourd’hui LVI est présent dans 62 pays à l’export, surtout en Afrique et Europe, c’est grâce à Cheval Quancard qui apporte son expérience de l’Amérique du Nord, de l’Europe du Nord et de l’Asie que le groupe va pouvoir conquérir de nouveaux marchés.
Déménagement
En rachetant la Maison Cheval Quancard, Larraqué Vins International annonce aussi son déménagement. En juillet 2021, Pierre-Jean Larraqué avait annoncé à « Haute Gironde » être en discussion avec la communauté de communes du Grand Cubzaguais pour l’achat d’un terrain dans la ZAC du Parc d’Aquitaine afin d’y implanter ses nouveaux bureaux. Le projet tombe à l’eau car LVI récupère le site de Carbon-Blanc, situé près de l’autoroute, plus proche encore de Bordeaux, et qui a une potentialité d’agrandissement.
D’ailleurs, le négociant annonce que des travaux vont être menés dès cette année pour 2,5 millions d’euros afin d’agrandir les bureaux et étoffer les entrepôts qui s’étendent sur 17 000 m2 bâti sur un site de 8,6 hectares. L’objectif est de réunir l’ensemble des équipes début 2024 sur ce site et de vendre les bâtiments de Saint-André-de-Cubzac et de stopper la location des entrepôts loués jusqu’à présent. LVI annonce reprendre les 70 salariés de Cheval Quancard qui s’ajoutent dès à présent aux 96 de LVI.
Devenu une alternative sérieuse aux grands groupes comme Castel ou Grands Chais de France, Larraqué Vins International s’impose d’années en années en déployant sa stratégie autour des vignobles traditionnels, des marquies internationales et dorénavant des circuits traditionnels.
Cheval Quancard : des origines Cubzaguaises
Cheval Quancard est l’une des maisons de négoce de vins les plus anciennes de la place bordelaise. Elle puise son histoire dans le Cubzaguais, où la famille Quancard, est toujours présente, au Château Terrefort-Quancard à Cubzac-les-Ponts. Des caractères, des personnalités ont marqué chaque époque, façonnant une véritable épopée dynastique avec en fil rouge, les vins de Bordeaux, au plus profond du terroir et du cœur, mené par un cheval, emblème de fidélité, sagesse et conquête de la Maison.
Pierre Quancard (1814-1888), l’aïeul de tous les Quancard porteurs du nom, est le premier à quitter le métier de boucher pour fonder à Salignac en 1844 une société de bouilleur de cru qui va devenir la Maison de négoce.
Son frère, Eugène Quancard, fait rimer comme jamais négociation, dégustation, innovation et… tribulations.
Le fils d’Eugène, Marcel (1869-1951) reprend le flambeau et devient un précurseur de la science œnologique et reste pour sa descendance l’humaniste accompli à la curiosité insatiable.
À Marcel (1929-2005) et Christian (1930-2004), ses fils, revient le privilège de maintenir l’allure, de l’accélérer même avec l’acquisition de plusieurs vignobles, confirmant l’enracinement de la société dans l’activité de propriétaire viticole.
La seconde date, elle aussi majeure, est 1998 avec le déménagement du site d’Ambarès vers le site de Carbon-Blanc, offrant 17 000 m2 de locaux et une capacité d’embouteillage et de stockage résolument tournée vers l’avenir. Roland Quancard fait de l’international l’un de ses chevaux de bataille. En parallèle, il met en place en 2002 une politique qualité et organise un service marketing efficient. Confronté à des problèmes de succession, Cheval Quancard sort ainsi du giron de la famille qui l’a créé il y a presque 180 ans.
Article de Christophe Meynard pour la Haute Gironde
https://www.hautegironde.fr/2022/09/12/economie-larraque-rachete-cheval-quancard/
lundi 23 janvier 2023
Provence : Stéphane Courbit (groupe Lov) et ses associés (famille Prats et le couple Sarkozy-Bruni) rachète le Château Beaulieu et la Villa Beaulieu
Selon les informations de la RVF, l'homme d'affaires Stéphane Courbit (LOV Groupe), ainsi que ses associés, le couple Nicolas Sarkozy-Carla Bruni et la famille bordelaise Prats, viennent de racheter la Villa Baulieu et le château Beaulieu dans les Bouches-du-Rhône ainsi que le domaine de Cantarelle dans le Var.
La nouvelle traduit l’ampleur de la mutation en cours dans le vignoble provençal, porté par le boom mondial du vin rosé. L’homme d’affaires et producteur Stéphane Courbit (LOV Groupe) et ses associés, le couple Nicolas Sarkozy-Carla Bruni et la famille bordelaise Prats rachètent coup sur coup deux vastes propriétés viticoles provençales, le château Beaulieu à l'ouest d'Aix-en-Provence (appellation Coteaux d'Aix-en-Provence) et le domaine de Cantarelle dans le Var, au Nord-Est de Saint-Maximin-la-Sainte-Baume (appellation Coteaux Varois).
Ces deux acquisitions portent à près de 600 hectares le patrimoine foncier de M. Courbit (majoritaire) et de ses associés en Provence où ils exploitent déjà le château Estoublon (200 hectares autour de Fontvieille, dans la vallée des Baux-de-Provence) pour produire du vin en AOP Les-Beaux-de-Provence et Coteaux d’Aix-en-Provence, une huile d’olive d’excellence et développer une hôtellerie de luxe.
Propriété depuis 2001 de l’homme d’affaires Pierre Guénant, qui avait fait fortune dans l’automobile avant de disparaître l’année dernière à l’âge de 72 ans, le château Beaulieu compte 160 hectares plantés de vignes où sont produits des vins rosés et, sur un écrin de 12 hectares baptisé Villa Baulieu adossé au seul volcan de Provence, des blancs et des rouges aussi soignés que raffinés.
Comme son nom l’indique, Beaulieu comprend également un château déjà exploité en hôtellerie de luxe. Stéphane Courbit et ses associés entendent continuer à exploiter les grands vins de Villa Baulieu tandis que le reste du vignoble, à court terme, produira des raisins pour la marque de rosé à fort potentiel international Roseblood d’Estoublon, créée il y a deux ans par le trio d’associés. La fille de Pierre Guénant, Bérengère Guénant et sa famille, conservent une part du capital et sont associés au nouveau projet.
source : RVF / https://www.larvf.com/provence-stephane-courbit-les-sarkozy-et-la-famille-prats-rachetent-le-chateau-beaulieu-et-le-domaine-de-cantarelle,4808595.asp
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