samedi 24 octobre 2026

Bourgogne : le Domaine Pierre Vincent reprend le Domaine Jean-Philippe Fichet à Meursault (Côtes de Beaune)

Le 17 août 2026, à la veille des vendanges, le Domaine Pierre Vincent, installé à Auxey-Duresses et détenu par le groupe lyonnais Solexia, a repris le Domaine Jean-Philippe Fichet, qui exploite 6 hectares à Meursault. L’opération double la surface exploitée par le domaine et s’accompagne de la création d’une société de négoce, Fichet & Vincent.

Un acquéreur adossé à un groupe agroalimentaire

Le Domaine Pierre Vincent est né en 2023 du rachat d’un premier domaine de 6 hectares en Côte de Beaune par trois associés : Pierre Vincent, vinificateur passé notamment par le Domaine de la Vougeraie et le Domaine Leflaive, Hervé Kratiroff, président fondateur de Solexia, et Eric Versini. Le domaine produit notamment du corton-charlemagne, du chassagne-montrachet, du puligny-montrachet et du meursault.

Solexia, holding lyonnaise organisée en pôles salaisons, volailles et vins-gastronomie, rassemble 14 entreprises et 562 salariés, pour un chiffre d’affaires de 160,5 M€ en 2025. Hervé Kratiroff indique avoir investi au total une trentaine de millions d’euros dans le pôle viticole. Selon la presse lyonnaise, le dossier Fichet était convoité par une demi-douzaine d’autres candidats ; son financement a notamment reposé sur la cession, à l’été 2026, de Maison Bissardon (jus et compotes artisanales), filiale du groupe depuis 2018. Le prix n’a pas été communiqué.

Un parcellaire en fermage, reconduit pour vingt-cinq ans

Installé à Meursault depuis quarante ans, le Domaine Jean-Philippe Fichet s’étend sur 6 hectares constitués en quasi-totalité de vignes exploitées en fermage. À l’occasion de la transmission, les fermages ont été reconduits pour 25 ans. Jean-Philippe et Michèle Fichet accompagnent la transition.

Le parcellaire comprend 2,5 hectares d’appellation meursault et 2 hectares de bourgogne blanc situés au cœur de la commune, complétés par des parcelles en monthélie blanc, auxey-duresses blanc, puligny-montrachet premier cru Les Referts et monthélie premier cru rouge. Parmi les climats de Meursault figurent Le Tesson, Les Chevalières, Les Criots, Le Limozin, Le Meix sous le Château et Les Gruyaches. Une part importante des vignes reprises intègre la gamme du Domaine Pierre Vincent dès le millésime 2026 ; les 6 hectares ont été vendangés en trois jours, immédiatement après la reprise.

Conversion biologique et négoce sélectif

Pierre Vincent prévoit d’engager progressivement les vignes reprises vers l’agriculture biologique, puis vers la biodynamie, avec pour objectif affiché de renforcer la résilience des sols face aux sécheresses et aux épisodes de forte pluviométrie. Le domaine produira son propre compost dès cet hiver ; la hauteur de canopée et les densités de plantation doivent également être réexaminées.

La société Fichet & Vincent poursuivra l’activité d’achat de raisins développée par Jean-Philippe Fichet, qui représentait jusqu’ici environ 8 000 bouteilles et comprenait notamment un rully blanc. Le négoce doit être élargi à des achats de raisins sélectionnés par Pierre Vincent ; une appellation pouilly-fuissé rejoint la gamme dès le millésime 2026.

Bourgogne : micro-foncier, maxi-valorisation

L’opération s’inscrit dans un marché bourguignon caractérisé par des surfaces échangées très réduites et des valeurs unitaires parmi les plus élevées du vignoble mondial. Selon le barème officiel des valeurs vénales 2025, publié au Journal officiel du 19 août 2026, la valeur dominante des appellations communales de Côte de Beaune en blanc atteint 1,08 M€ par hectare (fourchette de 410 000 € à 2,25 M€), contre 1,05 M€ un an plus tôt ; elle s’établit à 2,7 M€ par hectare pour les premiers crus blancs, avec des maxima à 7 M€. Sur dix ans, la valeur des villages blancs de Côte de Beaune a progressé d’environ 61 %.

Cette trajectoire tranche avec la tendance nationale. En 2025, le prix moyen des vignes AOP en France a reculé de 2,9 %, à 171 400 € par hectare, tandis que la valeur totale des transactions progressait de 16,3 %, à 1,65 Md€, sous l’effet de quelques opérations de très grande valeur, principalement bourguignonnes. L’été 2026 a confirmé la tendance avec la reprise par Louis Roederer du Domaine Pierre Damoy, à Gevrey-Chambertin, près de 8 hectares représentant environ 10 % des grands crus de l’appellation ; le montant, non communiqué officiellement, est estimé à quelque 300 M€ par la presse régionale.

La valorisation foncière s’est par ailleurs déconnectée du marché du vin. La note de conjoncture Agreste d’avril 2026 relève une baisse des cours du vrac en Bourgogne, de 12 % pour le bourgogne blanc et de 15 % pour le chablis, les villages de Côte de Beaune étant également orientés à la baisse. La valeur des vignes de la Côte repose ainsi davantage sur leur rareté et leur dimension patrimoniale que sur leur rendement d’exploitation, ce qui rend la transmission familiale du foncier de plus en plus difficile à financer.

Dans ce contexte, la reprise du Domaine Jean-Philippe Fichet illustre une voie d’accès distincte : la reprise d’une exploitation plutôt que l’acquisition de foncier. La reconduction de baux sur 25 ans permet à l’acquéreur de sécuriser des volumes dans des climats recherchés de Meursault sans mobiliser le capital qu’exigerait la pleine propriété, à des niveaux de prix qu’Hervé Kratiroff qualifie de « pas trop délirants ». Le marché bourguignon tend ainsi à se segmenter entre un foncier de prestige, capté par les groupes et les grandes fortunes, et des transmissions d’exploitations, plus accessibles mais également disputées.

Sources

Groupe Solexia, communiqué « Le Domaine Pierre Vincent reprend le Domaine Jean-Philippe Fichet à Meursault », 14 octobre 2026 – groupe-solexia.fr
Info-Beaune, 8 octobre 2026 – info-beaune.com
Vitisphere, « Pierre Vincent double son vignoble avec 2 associés », 8 octobre 2026 – vitisphere.com
Lyon Décideurs, « Hervé Kratiroff casse sa tirelire pour acheter son deuxième domaine en Bourgogne », 9 octobre 2026 – lyondecideurs.com
Au cœur du CHR, 20 octobre 2026 – aucoeurduchr.fr
Burgundy Report, « Jean-Philippe Fichet moves to Pierre Vincent », octobre 2026 – burgundy-report.com
Barème indicatif de la valeur vénale moyenne des terres agricoles 2025, Journal officiel du 19 août 2026 ; Agreste Bourgogne-Franche-Comté
Safer, Le prix des terres 2025 (synthèse iDealwine)
Agreste, Conjoncture Bourgogne-Franche-Comté n° 80, avril 2026
France 3 Bourgogne-Franche-Comté, rachat du Domaine Pierre Damoy par Louis Roederer, juillet 2026









Anjou : le Domaine FL reprend le parcellaire du Domaine du Petit Coirant et prévoit 10 ha de chenin

Le Domaine FL, installé route de Beaulieu à Rochefort-sur-Loire (Maine-et-Loire), a repris l’intégralité du parcellaire du Domaine du Petit Coirant, exploitation viticole voisine en fin d’activité. L’opération porte sur 30 ha de terres et de vignes classées en AOC anjou et coteaux-du-layon. Ni le montant de la transaction ni ses modalités (acquisition du foncier, reprise de baux, intervention éventuelle de la Safer) n’ont été rendus publics.
Un projet de restructuration centré sur le chenin
Le domaine entend restructurer l’ensemble des parcelles reprises. Le projet prévoit la plantation de 10 ha de chenin, destinés à être conduits en agriculture biologique après la période de conversion réglementaire, le Domaine FL étant lui-même certifié en bio depuis 2009. Le solde des surfaces doit constituer une réserve foncière et accueillir des espaces dédiés à la biodiversité. Selon les éléments communiqués, le Domaine FL compte désormais 67 ha.
Le Petit Coirant, exploitation familiale voisine
Situé au lieu-dit du même nom, à quelques centaines de mètres du chai de FL, le Domaine du Petit Coirant se présentait comme une exploitation familiale conduite depuis trois générations, pratiquant une viticulture traditionnelle et la vente directe.
Un domaine constitué par regroupement
Le Domaine FL, pour Fournier-Longchamps, patronymes des parents de son fondateur, a été constitué en 2006 et 2007 par Philip Fournier, chef d’entreprise angevin dans les télécommunications (Afone), à partir de deux propriétés situées de part et d’autre de la Loire, dont le Château de Chamboureau à Savennières, acquis en 2006 auprès de Jo Pithon. Il est dirigé par Julien Fournier, fils du fondateur. Le domaine produit essentiellement des chenins secs et liquoreux en savennières, savennières-roche-aux-moines, coteaux-du-layon et quarts-de-chaume grand cru, ainsi que des vins rouges en anjou et anjou-villages. Il a développé une activité d’œnotourisme et d’événementiel autour de son chai de Rochefort-sur-Loire.

Sources
Anjou Agricole, « Domaine FL à Rochefort-sur-Loire : le vin, et tout ce qu’il y a autour »
Singulars, « L’élégance minérale des Savennières du Domaine FL au cœur de l’Anjou »
InterLoire, fiche Domaine FL (vinsdeloire.fr)
Guide Hachette des Vins, fiche producteur Domaine FL
Winetourism, fiche Domaine FL
Domaine du Petit Coirant (domainedupetitcoirant.com).



mercredi 7 octobre 2026

Spiritueux : Sazerac lance une offre publique sur l’allemand Berentzen et poursuit son expansion européenne

Le groupe américain de spiritueux Sazerac (Buffalo Trace, Fireball, Southern Comfort, Pappy Van Winkle) a signé le 21 septembre 2026 un accord de rapprochement avec Berentzen-Gruppe, distillateur allemand coté à Francfort, et annoncé une offre publique d’achat volontaire en numéraire au prix de 5,55 euros par action. Le directoire et le conseil de surveillance de la cible soutiennent l’opération, qui porte sur un montant d’environ 53 millions d’euros pour l’ensemble du capital.

Les termes de l’offre

Berentzen avait confirmé le 16 septembre, par une communication ad hoc, l’existence de discussions avec Sazerac en vue d’une offre portant sur la totalité de ses actions. L’offre sera déposée par une filiale allemande détenue à 100 % par Sazerac, la Blitz 26-877 GmbH, appelée à devenir Sazerac Germany Holding GmbH. Le prix de 5,55 euros fait ressortir une prime d’environ 68 % sur le cours moyen pondéré par les volumes des trois mois précédant le 16 septembre. Selon les dirigeants de Berentzen, ce niveau de cours n’avait pas été atteint depuis plus de deux ans.

L’offre est assortie d’un seuil minimal d’acceptation de 50 % du capital plus une action. La note d’offre doit être examinée et autorisée par l’autorité fédérale de supervision financière (BaFin) avant sa publication, qui ouvrira la période d’acceptation ; le directoire et le conseil de surveillance de Berentzen rendront ensuite leur avis motivé. Sazerac prévoit une réalisation de l’opération au quatrième trimestre 2026, puis un retrait de la cote, que la direction de Berentzen soutient. Le jour de l’annonce, le titre s’est rapproché du prix d’offre.

Une cible en recul

Fondée en 1758 à Haselünne, en Basse-Saxe, et introduite en Bourse en 1994, Berentzen-Gruppe commercialise les liqueurs de fruits Berentzen, la vodka Puschkin, le rhum Tres Países ainsi que des marques régionales comme Doornkaat et Bommerlunder. Le groupe est également présent dans les boissons sans alcool (Mio Mio, via sa filiale Vivaris), les systèmes de jus frais pressés (Citrocasa) et les marques de distributeur. Il revendique une présence dans plus de 60 pays.

Le chiffre d’affaires consolidé 2025 s’est établi à 162,9 millions d’euros, contre 181,9 millions d’euros en 2024, une baisse liée pour partie à la cession, fin 2024, du site d’eaux minérales de Grüneberg, et pour partie au repli du marché allemand des spiritueux. L’EBIT consolidé a atteint 8,5 millions d’euros, soit une marge de 5,2 %. Au premier semestre 2026, le chiffre d’affaires a reculé de 11,1 % à 71 millions d’euros, la division spiritueux ayant notamment pâti de l’arrivée à échéance d’un contrat de fourniture de bourbon sous marque de distributeur.

Le projet industriel affiché

Sazerac indique vouloir maintenir les sites existants de Berentzen et y investir, élargir son portefeuille et confier à ses équipes allemandes la production et la distribution de marques Sazerac. Le groupe américain entend fabriquer et distribuer en Europe, à partir de cette base, des spiritueux issus des marques Berentzen, de son propre portefeuille et de gammes sous marque de distributeur. En cas de succès de l’offre, Puschkin rejoindrait les vodkas Svedka et Au dans le portefeuille de Sazerac.

Une stratégie d’acquisitions soutenue

Fondé à La Nouvelle-Orléans en 1850 et détenu par la même famille depuis quatre générations, Sazerac multiplie les opérations depuis 2024 : rachat des cocktails prêts-à-boire BuzzBallz en 2024, accord avec Constellation Brands annoncé en décembre 2024 pour la vodka Svedka, acquisition de la marque américaine Dirty Shirley en mars 2026. En Europe, Berentzen suit l’acquisition de la marque britannique de vodka et de cocktails prêts-à-boire Au Vodka, signée en août 2026 pour un montant rapporté de 675 millions de dollars et finalisée en septembre. Le groupe avait auparavant acquis l’embouteilleur britannique The Last Drop Distillers en 2016 et la distillerie irlandaise Lough Gill (comté de Sligo) en 2022, rebaptisée Hawk’s Rock en 2025. Sazerac lance en parallèle Svedka au Royaume-Uni, premier déploiement international de la marque depuis son rachat.

Ces opérations interviennent alors que Brown-Forman a fait savoir cette année avoir écarté une proposition de rachat émanant de Sazerac, évaluée par le Wall Street Journal à environ 35 milliards de dollars.

Le contentieux cognaçais

Le 22 septembre 2026, le tribunal de commerce d’Angoulême a ordonné à Sazerac de Segonzac, filiale française du groupe, d’exécuter les contrats pluriannuels de livraison d’eaux-de-vie qu’elle avait résiliés en janvier 2026 avec une quarantaine de viticulteurs charentais. La procédure était soutenue par l’Union générale des viticulteurs pour l’AOC Cognac (UGVC), qui qualifiait la résiliation de brutale et illicite. Sazerac a annoncé faire appel, invoquant la dégradation du marché du cognac et l’impossibilité juridique, selon lui, d’exécuter des contrats résiliés, et indique avoir conclu des accords amiables avec une quarantaine d’autres producteurs. Le groupe commercialise en Charente le cognac Sazerac de Forge & Fils, à l’origine historique de son nom.

Sources

Berentzen-Gruppe AG, communication ad hoc (EQS) et communiqué du 21 septembre 2026 ; communication ad hoc du 16 septembre 2026
Berentzen-Gruppe AG, résultats annuels 2025 (février 2026)
The Spirits Business, « Sazerac launches Berentzen takeover bid », septembre 2026
The Spirits Business, « Sazerac loses Cognac contract court battle », septembre 2026
Just Drinks, « German distiller Berentzen in talks to sell to Sazerac », 17 septembre 2026
Just Drinks, « Sazerac tables Berentzen takeover bid », septembre 2026
Lebensmittel Praxis, « Sazerac bietet 53 Millionen Euro für Berentzen », septembre 2026
Lebensmittel Praxis, « Spirituosenkonzern Berentzen verzeichnet deutlichen Umsatzrückgang », 12 février 2026
BondGuide, ms-aktuell, 4investors, septembre 2026
Drinks Intel, « Sazerac Co to spend reported US$675m on Au Vodka », août 2026
Shanken News Daily, « Constellation To Sell Svedka Vodka Brand to Sazerac », 3 décembre 2024
Sazerac, communiqué « Sazerac Company Proudly Introduces Hawk’s Rock Distillery », 23 avril 2025
Scotchwhisky.com, « Last Drop Distillers sold to Sazerac », 2016
Agra, « Cognac : 48 viticulteurs assignent le négociant Sazerac en justice », août 2026
France 3 Nouvelle-Aquitaine / AFP, Agri Mutuel, septembre 2026



mardi 6 octobre 2026

Espagne : En Rioja, Félix Solís reprend Paternina, Lagunilla et Rioja Santiago dans la liquidation de Marqués de la Concordia

Le groupe espagnol Félix Solís Avantis (Valdepeñas) a acquis les marques Federico Paternina, Lagunilla et Rioja Santiago lors de la vente aux enchères organisée dans le cadre de la liquidation judiciaire du groupe Marqués de la Concordia. L’opération, annoncée le 31 août 2026, porte sur les seuls actifs incorporels ; son prix n’a pas été communiqué.

Une acquisition de marques, sans actifs de production

Les trois marques ont été adjugées lors d’une vente aux enchères publique en ligne tenue du 27 au 29 juillet 2026 et conduite par International Auction Group (IAG Auction), désigné par l’administration judiciaire. La procédure collective (concurso de acreedores) vise trois sociétés : United Wineries Estates S.A., United Wineries S.A. et Marqués de la Concordia Family of Wines S.L.

La vente était organisée en six lots. Les mises à prix s’établissaient à 600 000 euros pour Federico Paternina, 300 000 euros pour Lagunilla, 100 000 euros pour Marqués de la Concordia et 40 000 euros pour Rioja Santiago, auxquels s’ajoutaient un lot « autres marques » à 25 000 euros et un lot global à 950 000 euros. Le montant final versé par Félix Solís n’a pas été rendu public.

L’opération ne comprend ni les chais, ni les installations, ni les vignobles historiquement associés à ces marques. La marque Marqués de la Concordia et les enregistrements qui lui sont rattachés ont été adjugés séparément à Muriel Wines, groupe basé à Elciego (Rioja Alavesa), qui indique vouloir en conserver l’identité propre.

La dispersion d’un ancien groupe coté

Fondée en 1896 à Ollauri par Federico Paternina Josué, la maison Paternina a longtemps compté parmi les références de la Rioja Alta. Passée sous le contrôle de Marcos Eguizábal, puis introduite en Bourse à la fin des années 1990, elle a été reprise en 2013 par United Wineries, groupe rebaptisé par la suite Marqués de la Concordia Family of Wines.

Le groupe a été placé en concurso necesario, procédure ouverte à la demande de créanciers, fin 2022, puis en phase de liquidation début 2024. L’administrateur judiciaire, DLM Insolvia, a confié à KPMG la cession de l’unité de production, qui comprenait notamment les chais de Haro (Rioja Santiago) et de Fuenmayor (Berberana), Hacienda Zorita (Arribes del Duero), Vega de la Reina (DO Rueda) et Marqués de Monistrol (Cava). Bodegas Berberana, installations et marque, a été reprise en 2025 par le groupe valencien Torre Oria. La vente aux enchères des marques intervient ainsi après la cession séparée des principaux actifs industriels.

Félix Solís, un opérateur déjà implanté en Rioja

Fondé en 1952 à Valdepeñas (Castille-La Manche) par Félix Solís Fernández et Leonor Yáñez, Félix Solís Avantis est présidé par Félix Solís Yáñez, également directeur général. Le groupe s’articule autour de Bodegas Félix Solís, qui regroupe les chais de La Manche et de Valdepeñas, et de Pagos del Rey, qui exploite des chais dans les appellations Rioja, Ribera del Duero, Rueda et Toro.

En DOC Rioja, le groupe dispose depuis 2006 d’un chai à Fuenmayor et commercialise notamment les marques Arnegui et Castillo de Albai. Le communiqué de l’opération revendique des positions de premier plan à Toro, Valdepeñas et Rueda. Hors d’Espagne, Félix Solís a inauguré en 2024 au Chili sa première bodega, Viña Casa Solís.

Félix Solís Yáñez présente l’acquisition comme une démarche qui dépasse le simple élargissement du portefeuille, le groupe entendant mettre sa capacité commerciale et son implantation internationale au service du développement de ces marques sur de nouveaux marchés.

À l’issue de la vente, le patrimoine de marques de l’ancien groupe se trouve réparti entre deux opérateurs présents en Rioja : Félix Solís pour Federico Paternina, Lagunilla et Rioja Santiago, Muriel Wines pour Marqués de la Concordia.

Sources

Europa Press, via Press Digital, « Félix Solís compra las marcas Federico Paternina, Lagunilla y Rioja Santiago de Marqués de la Concordia », 31 août 2026
La Prensa del Rioja, « Félix Solís Avantis adquiere las marcas Federico Paternina, Lagunilla y Rioja Santiago », septembre 2026
Alimarket, « Salen a subasta pública las marcas del grupo Marqués de la Concordia, en liquidación desde 2024 », juillet 2026
NueveCuatroUno, « La marca Paternina de Rioja sale a subasta por 600.000 euros », 9 juillet 2026 ; « Félix Solís compra las marcas de Rioja Paternina, Lagunilla y Rioja Santiago », 31 août 2026
Vinetur, « Félix Solís compra tres marcas históricas de Rioja en la liquidación de Marqués de la Concordia », 1er septembre 2026
Meininger’s International, « Félix Solís Acquires Rioja Brands », septembre 2026
The Drinks Business, « Muriel Wines acquires Marqués de la Concordia », 2026
Financial Food et El Correo del Vino (reprise du communiqué Félix Solís), 31 août 2026
Vinetur, 3 mai 2025 et 1er juillet 2026 (Viña Casa Solís, Chili)