vendredi 31 juillet 2026

Cognac : Campari cède le cognac Bisquit & Dubouché et la tequila Cabo Wabo à l'irlandais Cobblestone Brands

Cobblestone Brands Limited, société de spiritueux premium basée à Dublin, a signé un accord portant sur l'acquisition de la marque de cognac Bisquit & Dubouché et de la marque de tequila Cabo Wabo auprès de Davide Campari-Milano N.V. L'annonce a été faite le 29 juillet 2026, le jour de la publication des résultats semestriels du groupe italien. Le montant de la transaction n'a pas été divulgué. La finalisation est attendue au plus tard le 31 octobre 2026, sous réserve des conditions de réalisation usuelles.

Le périmètre de la cession

L'opération porte sur les droits de propriété intellectuelle des deux marques et sur certains stocks de produits finis. Elle inclut également les actifs immobiliers rattachés à l'activité Bisquit & Dubouché, à Cognac. Campari précise que l'accord comprend un contrat de fabrication transitoire pour Cabo Wabo. Selon les éléments diffusés à la presse, un accord d'approvisionnement en eaux-de-vie doit par ailleurs accompagner la finalisation de l'opération. Les communications publiées par les deux parties ne détaillent pas le sort des stocks d'eaux-de-vie en vieillissement.

Un montant cumulé d'environ 30 M€ avec la cession des rhums

Campari a annoncé le même jour l'ouverture de négociations en vue de céder Bellonnie et Bourdillon Successeurs, sa filiale martiniquaise propriétaire des rhums agricoles Trois Rivières, Maison La Mauny et Duquesne. L'acquéreur n'a été décrit que comme un acteur industriel privé français. Les discussions ont été ouvertes le 13 juillet 2026. Le groupe évalue à environ 30 M€ la valeur cumulée des deux opérations, sans en publier la répartition. Les deux cessions doivent être finalisées avant la fin de 2026.

Le directeur financier, Francesco Mele, a chiffré à environ 40 M€ le chiffre d'affaires total représenté par ces dernières cessions. Il a indiqué que les marques concernées apportaient une contribution très faible à l'EBIT et étaient dilutives en marge. Dans sa présentation aux investisseurs, Campari classe le cognac et la tequila cédés, comme les rhums agricoles, à moins de 1 % des ventes nettes du groupe. L'effet de périmètre attendu sur l'exercice 2026 est estimé à environ 70 M€ de chiffre d'affaires et 30 M€ d'EBIT ajusté, sur la base des seules transactions déjà finalisées, principalement Cinzano et Averna.

Une stratégie de recentrage engagée depuis 2024

Campari poursuit l'élagage de son portefeuille sous la conduite de son directeur général Simon Hunt, autour d'une stratégie qu'il résume par la formule « fewer bigger bets ». Le groupe a cédé plus de dix marques ou activités en dix-huit mois, soit environ 4 % de ses ventes nettes en base pro forma. Parmi les opérations précédentes figurent la cession du vermouth Cinzano et des vins effervescents au groupe Caffo 1915 pour 100 M€ en juillet 2025, celle des liqueurs Averna et Zedda Piras à Illva Saronno pour 100 M€, annoncée en décembre 2025 et finalisée le 28 mai 2026, ainsi que la vente de son unique site de production australien.

Cognac et champagne : Courvoisier et Grand Marnier en hausse au premier semestre

La division cognac et champagne de Campari a réalisé 125 M€ de ventes nettes au premier semestre 2026, soit 8,3 % du chiffre d'affaires du groupe. La croissance organique s'établit à 4,6 %, ramenée à 0,7 % en données publiées après un effet de change de -3,9 %. Courvoisier progresse de 6,3 % en organique, à 64 M€, porté par les marchés en développement et la zone Asie-Pacifique, avec une tendance stable aux États-Unis. Grand Marnier avance de 5,0 %, à 55 M€, le groupe attribuant cette évolution à une base de comparaison favorable. Les autres marques de la division, qui incluent Bisquit & Dubouché et le champagne Lallier, reculent de 13,6 % en organique, à 6 M€.

Sur l'ensemble du groupe, les ventes nettes semestrielles atteignent 1 512 M€, en croissance organique de 2,7 % et en baisse de 1,0 % en publié. L'EBIT ajusté ressort à 358 M€.

Bisquit & Dubouché : quatre propriétaires en soixante ans

La maison a été fondée en 1819 par Alexandre Bisquit. Elle est passée sous le contrôle de Ricard en 1966, puis du groupe sud-africain Distell à la fin des années 2000. Campari a annoncé son acquisition le 21 décembre 2017 pour 52,5 M€, l'opération étant finalisée au premier trimestre 2018. Le périmètre comprenait alors les marques, les stocks — dont un stock en vieillissement valorisé 39,1 M$, soit environ 33 M€ au cours de l'époque — et des installations de production. Le chiffre d'affaires pro forma attendu pour 2018 était d'environ 9 M€, avec pour marchés principaux l'Afrique du Sud, la Belgique, le travel retail mondial et la Suisse.

Cobblestone Brands met en avant la position de la marque en Afrique du Sud, ainsi que sa présence en Europe, en Asie-Pacifique et dans le travel retail. Son fondateur et directeur général, Brian Fagan, évoque « plus de 200 ans d'héritage » et un château au cœur de Cognac, et annonce une intention d'investissement de long terme.

Cabo Wabo, second volet de l'opération

Cabo Wabo a été créée en 1996 par Sammy Hagar, ancien chanteur de Van Halen. Campari en a acquis 80 % en mai 2007 pour 60 M€, alors 80 M$, puis le solde en 2010. La tequila est distribuée dans plus de vingt États américains.

Cobblestone Brands, une plate-forme constituée depuis 2025

L'entreprise irlandaise avait acquis en juillet 2025 les marques de whiskey irlandais Knappogue Castle et Clontarf auprès de Pernod Ricard. Son portefeuille comprend également le gin Four Corners, le rhum Star & Key, le café irlandais prêt à boire Irished Up et le spiritueux d'agave Casa San Lucas. Depuis un an, la société a structuré son organisation commerciale : nomination de Dennis Carr, ancien dirigeant de Casa Azul, à la présidence de sa filiale américaine, accords de distribution en Asie-Pacifique et en Afrique, développement au Moyen-Orient et dans le travel retail. Après la finalisation de l'opération, son portefeuille couvrira le whiskey irlandais, le cognac, la tequila, le rhum et le gin, avec des opérations commerciales dans plus de trente marchés.

Sources
Communiqué de Cobblestone Brands, 29 juillet 2026
Campari Group, résultats du premier semestre 2026 et présentation aux investisseurs, 29 juillet 2026
Transcription de la conférence de résultats semestriels de Campari Group
The Spirits Business
Just Drinks
Global Drinks Intel
FoodBev Media
Shanken News Daily
Spiritz
Luxus Plus
BeverageDaily
ESM Magazine pour l'acquisition de 2017.



dimanche 19 juillet 2026

Savoie : Clos Réserve poursuit sa consolidation des vins de Savoie avec le rachat de Jean Perrier & Fils

Une troisième acquisition en un an

Le 30 juin 2026, Guy Chifflot, à la tête de la holding Clos Réserve, a signé l’acquisition de la SAS Jean Perrier & Fils, structure de négoce implantée à Porte-de-Savoie. Cette opération constitue la troisième acquisition de l’industriel dans le vignoble savoyard en l’espace d’un an, après les reprises de Maison Viallet et du Domaine Perrier.

Industriel lyonnais de 85 ans, Guy Chifflot est le fondateur d’Orapi, spécialiste de l’hygiène professionnelle (229,6 M€ de chiffre d’affaires en 2022, environ 1 000 salariés), entreprise qu’il avait créée en 1968. En 2023, il a cédé au Groupe Paredes le bloc d’actions qu’il détenait dans la société, soit 34,8 % du capital, dans le cadre d’une opération valorisant l’entreprise à 78 M€. La cession, réalisée le 19 octobre 2023, a été suivie d’une offre publique d’achat sur le solde du capital, le rapprochement des deux groupes donnant naissance au leader français de l’hygiène professionnelle. Présent depuis peu dans le secteur du vin, Guy Chifflot rassemble désormais cinq domaines viticoles savoyards. Il revendique 30 à 35 % des vins de Savoie.

Maison Viallet, point de départ de la stratégie

Le mouvement s’amorce le 30 juin 2025 avec la reprise de Maison Viallet, dont Guy Chifflot détient 80 % des parts. L’entreprise, propriétaire des domaines René Quenard, Bouvet et Pierre Boniface, se trouvait alors en redressement judiciaire, fragilisée par de lourds investissements et un contexte économique difficile.

« J’ai proposé un plan de continuation qui intégrait les 43 salariés », explique Guy Chifflot. Le dirigeant justifie son entrée dans le secteur : « Après avoir cédé mon groupe en 2023, je ne pouvais quand même pas rester sans rien faire. » S’il reconnaît ne pas être issu du monde du vin, il en souligne le potentiel : « Les blancs, les rouges et les crémants ont beaucoup gagné en qualité. »

Premier négociant et exportateur de vins de Savoie, Maison Viallet a réalisé un chiffre d’affaires de 15 M€ en 2024. Située à Apremont et codirigée par Philippe Viallet, détenteur de 20 % du capital, depuis 1984, l’entreprise dispose de 112 hectares de vignes, d’une maison de négoce et d’un outil de production automatisé. « Une ligne de conditionnement ultra-sophistiquée a fait l’objet de 3 M€ d’investissements », précise Guy Chifflot. « Notre production annuelle s’élève à 2 millions de bouteilles », ajoute Philippe Viallet, cogérant des structures viticoles aux côtés de Guy Chifflot.

Le Domaine Perrier, puis la structure de négoce

Fin décembre 2025, Guy Chifflot reprend au tribunal le Domaine Perrier, en difficulté. Fondée en 1853 et implantée à Porte-de-Savoie, l’exploitation compte près de 54 hectares de vignes répartis sur neuf communes et vinifie près de 14 crus et cépages du vignoble savoyard.

Six mois plus tard, le 30 juin 2026, l’homme d’affaires acquiert la SAS Jean Perrier & Fils. Créée en 1947 par Jean Perrier, premier vigneron à embouteiller sa récolte en Savoie, la maison de négoce a réalisé un chiffre d’affaires de 6,4 M€ lors de son dernier exercice publié et emploie une vingtaine de personnes. La société était en procédure collective, un jugement modifiant son plan de redressement ayant été rendu le 22 septembre 2025. Elle est présidée par Gilles Perrier, représentant de la sixième génération familiale.

Une montée en gamme visée

L’ensemble ainsi constitué fédère cinq domaines de référence : Domaine Bouvet, Les Rocailles – Pierre Boniface, Les Fils de René Quenard, Maison Viallet et Domaine Perrier. Pour accompagner ce développement, la holding Clos Réserve a bénéficié d’une augmentation de capital d’un million d’euros. Un accord de coopération a par ailleurs été conclu avec Gilles Perrier afin de piloter le développement commercial de l’ensemble, avec l’objectif affiché de repositionner les appellations savoyardes sur des marchés plus larges, notamment le circuit des cafés, hôtels et restaurants.

Sources

Groupe Ecomedia ; Le Journal des Entreprises ; Banque de Savoie ; Lyon Décideurs ; Business Wire ; Pappers ; Societe.com ; Verif ; BODACC.



Sud Ouest : Lionel Osmin & Cie acquiert le Domaine Barrère, référence de l’AOP Jurançon

Le groupe Lionel Osmin & Cie a repris le Domaine Barrère, propriété historique de l’appellation Jurançon, dans les Pyrénées-Atlantiques. L’opération formalise un partenariat engagé de longue date entre la maison paloise et la famille propriétaire.

Une transmission adossée à quinze ans de collaboration

Lionel Osmin qualifie l’opération de transmission plutôt que de simple rachat. Le dirigeant collaborait depuis plus de quinze ans avec la famille Barrère et commercialisait la quasi-totalité des vins du domaine. La maison assurait déjà la vinification aux côtés de Damiens Sartori, œnologue et cofondateur du groupe.

Le domaine avait rejoint la Compagnie des domaines de Lionel Osmin & Cie en 2017. Ses parcelles se répartissent sur trois terroirs : le Clos Cancaillaü, le Clos de la Vierge et le domaine Lahitte. La propriété avait été créée dans les années 1940. Anne-Marie Barrère la dirigeait ces dernières années avec l’appui de sa sœur Christiane.

Un tour de table participatif

L’acquisition s’appuie sur un financement collectif. Une soixantaine de partenaires ont choisi d’investir aux côtés de Lionel Osmin. Ce tour de table a été réuni par l’intermédiaire de Terra Hominis, société à mission spécialisée dans le financement participatif viticole.

Maintien des moelleux et développement des blancs secs

Le nouveau propriétaire entend poursuivre la production de vins moelleux, expression traditionnelle de l’appellation Jurançon. Il prévoit également de développer les blancs secs sur ces terroirs qu’il juge exceptionnels. Le vignoble jurançonnais repose principalement sur le petit manseng et le gros manseng, cépages autochtones adaptés à des vins tantôt secs, tantôt liquoreux.

L’opération s’inscrit dans la stratégie d’acquisition de propriétés viticoles conduite par le groupe depuis plusieurs années. Fondée en 2010, la maison Lionel Osmin & Cie s’est constituée autour de la mise en avant des cépages et terroirs du Sud-Ouest, de Jurançon à Cahors en passant par Gaillac, Madiran et Marcillac.

Source
Vitisphere



vendredi 17 juillet 2026

Marché : Sacha Lichine investit dans la marque de boissons sans alcool Jukes Cordialities

Sacha Lichine, créateur de Château d’Esclans et de la cuvée Whispering Angel, entre au capital de Jukes Cordialities. Il devient également directeur de cette marque britannique haut de gamme de boissons sans alcool.

Une figure de la révolution du rosé

Sacha Lichine est reconnu pour avoir contribué à transformer la perception du rosé de Provence. Avec Château d’Esclans, acquis en 2006, et la marque Whispering Angel, il a participé à l’essor de cette catégorie sur le marché du luxe. En 2019, LVMH a pris une participation majoritaire dans Château d’Esclans. Plus récemment, il s’est diversifié dans les spiritueux artisanaux avec le mezcal Rosaluna.

Une marque premium du sans-alcool

Fondée en 2020 par le journaliste vin Matthew Jukes, en partenariat avec l’entrepreneur Jack Hollihan, Jukes Cordialities s’est positionnée sur le segment premium des alternatives sans alcool. La gamme s’est développée grâce à des accords de distribution avec Waitrose et Tesco, ainsi qu’un réseau d’hôtels de luxe et de restaurants gastronomiques.

Un palmarès complet aux World Alcohol-Free Awards 2026

La marque a confirmé sa position en réalisant un sans-faute aux World Alcohol-Free Awards 2026 : dix médailles pour dix produits présentés, ainsi que deux trophées, Best Organic Drinks et Best Range. Le concours a réuni près de six cents produits soumis à l’échelle mondiale, jugés par plus de trente experts du secteur.

Une nouvelle phase de croissance

Selon Jukes Cordialities, l’expérience de Sacha Lichine, son réseau international et son parcours dans la construction de marques de boissons de luxe doivent soutenir la prochaine étape de développement de l’entreprise. L’objectif affiché est d’accroître la notoriété de la marque auprès des consommateurs, des partenaires de l’hôtellerie et des distributeurs à l’échelle mondiale.

Source Harpers Wine & Spirit Trade News ; Restaurant Industry Magazine ; Matthew Jukes (Wednesday Wines).



Spiritueux : La Martiniquaise-Bardinet finalise l’acquisition des cocktails sans alcool Sir. James 101

Le groupe français La Martiniquaise-Bardinet a annoncé le 9 juillet 2026 la prise de contrôle intégrale de Sir. James 101 B.V., marque premium de cocktails sans alcool prêts à déguster. L’opération intervient trois ans après l’entrée du groupe au capital de la société via une participation minoritaire, acquise en 2023.

Une marque née aux Pays-Bas

Sir. James 101 a été créée en 2019 par Brand Captains, société établie à Rotterdam et fondée par Vincent Yilmaz et Rambert de Lange. Les deux hommes, anciens collègues dans le secteur du vin, avaient précédemment lancé la marque Premium Dutch Vodka en 2015. La marque s’est d’abord implantée aux Pays-Bas et en Belgique avant de se déployer à l’international.

Selon La Martiniquaise-Bardinet, Sir. James 101 est aujourd’hui leader du marché belge en volume et se classe troisième aux Pays-Bas. La marque est également distribuée en France, en Suisse, aux États-Unis, au Royaume-Uni et en Italie. De nouveaux marchés d’exportation figurent à l’agenda, à commencer par l’Autriche, l’Ukraine, l’Allemagne et la Pologne.

Une gamme de sept cocktails

La collection réunit sept références : un gin tonic, un pink gin tonic, un mojito, un ginger mule, un spritz, un paloma et un passion fruit martini. Les produits sont fabriqués chez Sodiko, producteur belge de boissons détenu par La Martiniquaise-Bardinet. Selon le communiqué, la marque figure dans le top 5 des marques de boissons sans alcool prêtes à consommer en Europe, d’après les données IWSR, et se déploie désormais dans le circuit du travel retail.

Une intégration au portefeuille sans alcool du groupe

Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. L’acquisition vient renforcer le portefeuille sans alcool de La Martiniquaise-Bardinet, qui comprend déjà D’Artigny Sparkling, Venezzio Spritz RTD et la gamme de gin sans alcool Warner’s. L’opération s’inscrit cinq semaines après la prise d’une participation de 40 % dans la société espagnole Street Liquors, productrice de la marque Plata o Plomo.

Les fondateurs de la marque continueront d’accompagner son développement sur les marchés d’exportation. « Après plus de sept années passées à construire et développer Sir. James 101 et à voir la marque enregistrer une croissance annuelle remarquable, nous estimons que le moment est venu de prendre du recul », ont déclaré Vincent Yilmaz et Rambert de Lange dans un communiqué commun. Par l’intermédiaire de Brand Captains, ils resteront impliqués dans le soutien aux activités d’exportation.

« Il s’agit d’une étape importante et enthousiasmante pour La Martiniquaise. Au cours des dernières années, Sir. James 101 a pris une place de plus en plus importante dans notre portefeuille ; cette opération constitue donc une suite logique pour les deux entreprises », a déclaré Cyril Cahart, directeur général de La Martiniquaise-Bardinet France et PDG de La Martiniquaise Benelux. Le dirigeant a souligné la croissance soutenue de la catégorie des cocktails sans alcool, au sein du Benelux comme à l’international, et l’importance stratégique du développement du portefeuille sans alcool du groupe.


Encadré — Le marché des RTD : un segment en expansion

Les boissons prêtes à consommer (ready-to-drink, RTD) constituent l’un des segments les plus dynamiques de la filière des boissons. Selon IWSR, les RTD constituent la seule catégorie appelée à progresser en 2025 dans un marché mondial de l’alcool en repli, où bière, vin et spiritueux reculent en volume.

Le poids du segment s’est nettement renforcé sur la dernière décennie. Dans dix des principaux marchés mondiaux, les RTD représentent désormais 3,5 % des volumes de boissons alcoolisées, contre 1,1 % en 2014. Aux États-Unis, la catégorie devrait atteindre une part de 9 % du secteur des boissons alcoolisées d’ici 2029. La dynamique demeure toutefois inégale selon les zones : l’Afrique du Sud et le Brésil ont enregistré une croissance de 12 % en volume en 2024, tandis que la Chine et l’Australie reculaient.

Les volumes de cocktails et long drinks en format RTD devraient doubler à l’échelle mondiale entre 2019 et 2029, l’Amérique du Nord affichant une croissance pouvant atteindre 400 %. Le recrutement de nouveaux consommateurs ralentit à mesure que la catégorie arrive à maturité — seuls 5 % des consommateurs de RTD étaient nouveaux venus en 2024 — les gains de volume reposant désormais sur une fréquence de consommation accrue chez les acheteurs existants.

Le volet sans alcool prolonge cette dynamique. IWSR anticipe une croissance de 36 % en volume des équivalents sans alcool entre 2024 et 2029, pour dépasser 18 milliards de portions en 2029. La santé constitue le principal moteur de ce segment : 40 % des consommateurs de « spiritueux » sans alcool déclarent y recourir dans une démarche de mode de vie plus sain. C’est sur ce créneau que se positionne Sir. James 101.


Sources

The Spirits Business, Just Drinks, The Grocer, Moodie Davitt Report, Global Travel Retail Magazine, Global Drinks Intel, communiqué La Martiniquaise-Bardinet ; IWSR (RTDs Strategic Study 2025, Global Trends Report).



Argentine : Pernod Ricard cède Bodegas Etchart et se retire du vin argentin

Le groupe Pernod Ricard poursuit le désengagement de ses actifs vinicoles avec la cession de Bodegas Etchart, sa dernière propriété viticole en Argentine. L’opération a été annoncée le 23 juin 2026.

L’acquéreur est le groupe argentin Molinos Río de la Plata, filiale du Grupo Pérez Companc et l’un des principaux acteurs nationaux de l’agroalimentaire et des boissons. La transaction porte sur la bodega, ainsi que sur certains actifs, marques et personnels associés. Elle demeure soumise aux autorisations réglementaires habituelles. Le montant n’a pas été divulgué.

Une bodega historique des Valles Calchaquíes

Fondée en 1850 à Cafayate, dans la province de Salta, Bodegas Etchart est considérée comme le plus ancien établissement vitivinicole en activité des Valles Calchaquíes. Arnaldo Benito Etchart en fit l’acquisition en 1938 et lui donna le patronyme devenu emblématique du vin salteño. Pernod Ricard avait racheté l’entreprise en 1996, soit une trentaine d’années avant cette revente.

La bodega produit les vins des marques Etchart et Cafayate, avec le Torrontés comme cépage emblématique. Elle exploite plus de 420 hectares de vignes plantées entre 1 700 et 3 000 mètres d’altitude et élabore plus de six millions de bouteilles par an, commercialisées en Argentine et dans une trentaine de pays.

Une consolidation de la plateforme vitivinicole de Molinos

Pour Molinos Río de la Plata, l’acquisition renforce sa plateforme Fincas & Bodegas, qui comprend déjà Nieto Senetiner, Cadus et Ruca Malen, ainsi qu’une participation dans Viña Cobos. Etchart constitue sa première bodega implantée hors de la province de Mendoza. Agustín Llanos, directeur général de Molinos, a présenté cette incorporation comme une étape nouvelle dans le développement de la plateforme, évoquant la construction de marques dotées d’identité, de qualité et de projection internationale.

Le recentrage de Pernod Ricard sur les spiritueux et le champagne

La cession s’inscrit dans la stratégie de désengagement du vin tranquille engagée par Pernod Ricard au profit des spiritueux premium et du champagne. Le groupe avait cédé en avril 2025 l’essentiel de son portefeuille de vins internationaux — dont Jacob’s Creek, Brancott Estate et Campo Viejo — au consortium propriétaire d’Accolade Wines, réuni sous la nouvelle entité Vinarchy. En avril 2026, il avait finalisé la cession de ses activités de vins effervescents américains Mumm (Mumm Napa, Mumm Sparkling California et DVX) au groupe Trinchero, ainsi que de la winery Kenwood, en Sonoma, à F. Korbel & Bros.

À l’issue de ces opérations, Pernod Ricard conserve comme actifs vinicoles les champagnes Perrier-Jouët et Mumm, les effervescents Mumm produits en Australie et en Nouvelle-Zélande (Mumm Tasmania, Mumm Central Otago, Mumm Marlborough), le vin chinois Helan Mountain et une participation dans le Château Sainte Marguerite, en Provence.

Sources : FoodBev Media, Global Drinks Intel, La Nación, Diario Financiero, Bichos de Campo, MarketScreener, communiqués Pernod Ricard (Euronext, Business Wire), Wines of Argentina.





Sud Ouest : Armagnac Castarède rejoint le groupe Maisons & Manufactures et devient Maison Castarède

Le 15 juillet, Armagnac Castarède a intégré le groupe Maisons & Manufactures, fondé par Hugues Souparis et rassemblant des sociétés d'excellence française. La distillerie prend désormais le nom de Maison Castarède.

Une opération qui crée une synergie dans le Sud-Ouest

L'entrée de Maison Castarède au sein du groupe rapproche la marque d'armagnac de Maison Brana, autre société de vins et spiritueux du Sud-Ouest, basée dans le Pays basque. Ce rapprochement vise à mutualiser les ressources et l'organisation opérationnelle des deux maisons.

Le développement de Maison Brana

Maison Brana a connu une forte croissance depuis son rachat en 2023. L'arrivée à sa direction de Vincent Charulié, précédemment directeur commercial du circuit traditionnel de La Spiriterie Française, a accompagné cette dynamique. À ses vins, eaux-de-vie et whiskies, la maison ajoute désormais des liqueurs, pastis et vermouths. Elle assure par ailleurs la distribution de marques de spiritueux, un portefeuille en cours d'évolution.

Une maison bicentenaire

Fondée en 1832, Maison Castarède est la plus ancienne maison de négoce d'armagnac. Elle approche de son bicentenaire. La maison s'engage à perpétuer l'héritage de Florence Castarède, sixième génération de dirigeants, qui a dirigé la société familiale pendant plus de trois décennies et l'a implantée en France comme à l'étranger.

Source : Communiqué du groupe Maisons & Manufactures ; maisonsetmanufactures.com ; armagnac-castarede.fr.