vendredi 29 mai 2026

Est : Distillerie Guy reprend son homologue Les Fils d’Émile Pernot

Les deux principales distilleries de la région de Pontarlier (Doubs) se rapprochent. La distillerie Guy de Pontarlier, réputée pour son anisette locale, le « Pontarlier-Anis » et pour son absinthe, vient de racheter « Les Fils d’Émile Pernot » à La Cluse-et-Mijoux, également productrice, entre autres, d’absinthe et d’anisette. L’offre de reprise, à plus de 400 000 €, a été acceptée par le tribunal de commerce du Doubs le lundi 18 mai 2026. Sept offres de reprise avaient été déposées ; au moins sept repreneurs potentiels, dont l’actuelle directrice de la distillerie Pernot, Stéphanie Marty-Terrade, avaient candidaté selon l’Est Républicain.

Une marque historique placée en liquidation

La distillerie Émile Pernot existe depuis 1889. Émile-Ferdinand Pernot, distillateur originaire de la région de Fougerolles en Haute-Saône, s’était associé aux frères Parrot pour fonder la maison « Émile Pernot et Cie » au 1, rue du Mont à Pontarlier. La première étiquette d’extrait d’absinthe « Absinthe Pernot » apparaît le 12 octobre 1889. L’entreprise avait déjà fait l’objet d’une procédure de sauvegarde en 2022, puis d’un plan de sauvegarde pour une durée de dix ans. Elle a été placée en redressement judiciaire le 21 novembre 2025, puis en liquidation judiciaire le 18 février dernier. L’entreprise avait été autorisée à poursuivre son activité jusqu’à la mi-mai par le tribunal de commerce de Besançon, afin de rechercher un éventuel candidat à la reprise.

Maintien du nom, des marques et des salariés

Chaque société conservera son nom, ses marques et ses produits. Le président de la distillerie Guy, Laurent Fery, l’assure : « le but est de conserver le nom Les Fils d’Émile Pernot, les marques, leur histoire, les recettes, les produits ». Le repreneur va conserver la totalité des salariés, ils sont quatre. Selon Laurent Fery, c’était la volonté du personnel, exprimée devant le tribunal de commerce, de s’engager avec la distillerie Guy.

Pour le repreneur, le rachat va permettre de faire jouer la complémentarité : il cite un savoir-faire sur l’eau-de-vie de gentiane « Marcel Michel », élaborée par Les Fils d’Émile Pernot, que la distillerie Guy ne maîtrise pas. Concernant le maintien de l’entreprise dans ses locaux historiques du Frambourg à La Cluse-et-Mijoux, rien n’est décidé : l’outil de production a beaucoup vieilli, en termes d’équipements, de fonctionnement et de qualité de production, selon le patron de la distillerie Guy. « Il y a beaucoup de choses à reprendre, il faut nous laisser un peu de temps », ajoute-t-il.

Une consolidation au berceau de la Fée verte

L’opération laisse subsister une seule distillerie d’absinthe majeure dans le Haut-Doubs. La distillerie Guy et la distillerie Les Fils d’Émile Pernot étaient les deux plus connues dans la région de Pontarlier, berceau historique de la Fée verte. Interrogé sur la dimension patrimoniale de l’opération, Laurent Fery a déclaré vouloir avant tout défendre « un bel héritage régional », précisant qu’« Émile Pernot est une société qui compte pour la région ».

La distillerie Pierre Guy a été fondée en 1890 par Armand Guy. Elle a dû se réinventer lors de l’interdiction de l’absinthe en 1915 : alors que la plupart des distilleries pontissaliennes ferment, la distillerie Guy maintient son activité grâce à la liqueur de sapin, puis lance dès 1921 le Pontarlier-Anis, apéritif sans absinthe. François Guy fait ressusciter l’absinthe de son arrière-grand-père à la suite du rétablissement du droit de distillation de l’absinthe en France le 15 décembre 2001. En 2020, la distillerie est acquise par Capelia, société d’investissement indépendante spécialisée dans l’accompagnement des PME, ainsi que par MM. Vitrac puis Fery. 




France : Le groupe Murgier rachète le distributeur Duvernay

Le distributeur de boissons Murgier (adhérent Distriboissons), installé dans l’Ain, a racheté Duvernay. Outre les 8 M€ de chiffre d’affaires que ce distributeur CHR ultra-spécialiste du vin apporte à Murgier, il ouvre à sa nouvelle maison mère son catalogue de plus de 2 000 références : des vins savamment choisis, fruits de partenariats directs avec 350 vignerons et plus de 200 allocations. Voilà qui devrait développer les ventes de vin de Murgier, qui ne réalisait jusqu’à présent que 15 % de ses 115 M€ de chiffre d’affaires avec un catalogue de 850 références.

Autre synergie attendue de ce rachat : la vente aux particuliers. Duvernay exploite deux caves sous l’enseigne Duvernay L’Art du Vin, l’une à Annemasse (74), l’autre accolée à son siège de Bonne (74), qui réalisent ensemble près de 2 M€ de chiffre d’affaires. Elles vont doubler le réseau du groupe Murgier, qui possédait lui aussi deux caves, l’une à Chamonix (74), l’autre à Annonay (07).

Une opération qui prolonge une stratégie de maillage régional

L’acquisition s’inscrit dans la continuité du développement de Murgier. Fondée en 1936 par Marius Murgier, l’entreprise familiale, ancrée en Rhône-Alpes, a successivement été négociant de vin en gros, de bois et de charbon, puis distributeur de bières, de café et de boissons chaudes, avant de se positionner sur les vins et spiritueux. Le groupe couvre aujourd’hui un vaste secteur, de Dijon au nord jusqu’à l’Ardèche au sud, et du département de la Loire à l’ouest jusqu’aux frontières suisse et italienne à l’est.

Ces dernières années, Murgier a multiplié les rachats pour densifier son réseau : prise de contrôle des Caves du Grand Arc dans la vallée de la Maurienne en décembre 2021, puis acquisition d’Annonay Boissons, PME familiale ardéchoise, en janvier 2023. Le groupe s’appuie également sur sa filiale savoyarde Tresallet-Arragone.





dimanche 24 mai 2026

Loire : Le Domaine de Closel (Savennières) reprise par Ivan Massonat

Le tribunal judiciaire d’Angers a validé, le 5 mai 2026, l’offre de reprise d’Ivan Massonnat sur les activités du Domaine du Closel, à Savennières. L’exploitation était placée en redressement judiciaire à la suite du décès d’Évelyne de Pontbriand, survenu en novembre 2024.

Une cession au terme d’une procédure collective

Quatre offres avaient été déposées devant le tribunal, parmi lesquelles celle de trois neveux de la dirigeante disparue, Amaury, Mayeul et Aloïs Bazin de Jessey, qui portaient un projet de reprise familiale. Le choix s’est finalement porté sur l’offre présentée par le propriétaire du Domaine Belargus. La reprise porte sur l’exploitation, soit le stock, le matériel, la marque et les cinq salariés, ainsi que sur les baux adossés à l’EARL pour le bâti et les douze hectares de vignes. Le foncier reste la propriété des familles de Jessey et de Pontbriand.

Une stratégie centrée sur le chenin et l’appellation Savennières

Le nouvel exploitant entend conduire le domaine « dans une logique d’excellence », en concentrant la production sur le chenin et l’appellation Savennières. La structure conservera son autonomie de pilotage, tout en s’appuyant sur les réseaux commerciaux de Belargus. Ivan Massonnat a indiqué vouloir s’appuyer sur l’équipe en place, en particulier sur Antoine Fardeau, directeur technique depuis 2022 et régisseur depuis 2024. Il a également déclaré tendre la main aux familles propriétaires afin d’envisager des modes de collaboration.

Un troisième actif en Val de Loire

Ancien financier installé en Anjou, Ivan Massonnat a fondé en 2018 le Domaine Belargus, devenu en quelques millésimes l’une des références de la région, avec des vins commercialisés sur allocation. Il détient également le Domaine de Beauséjour, à Panzoult, qui compte cent hectares dont vingt-sept de vignes en AOC Chinon. Avec Le Closel, son périmètre ligérien s’étend désormais à trois exploitations.

Le Domaine du Closel, transmis au sein de la même famille depuis 1794, demeure l’un des plus anciens domaines de l’appellation Savennières. Évelyne de Pontbriand, fille de Michèle Bazin de Jessey, qui présida l’appellation dans les années 1990, en assurait la direction depuis plus de quinze ans.

Source
Vigneron du Val de Loire, Les 5 du Vin, Vitisphere, Terre de Vins.



Royaume Uni : le groupe française GBH rachète l’activité d’EcoSpirits

Le distributeur britannique Mangrove Global Ltd, filiale du groupe français GBH depuis 2023, reprend l’activité d’EcoSpirits au Royaume-Uni. Les marques de spiritueux de GBH figuraient déjà parmi les principaux clients de l’opérateur britannique d’EcoSpirits. L’opération consolide au sein du même périmètre la distribution des marques et l’infrastructure logistique circulaire qui leur sert de canal.

Un prolongement de la stratégie spiritueux du groupe GBH

Groupe familial fondé en 1960 par Bernard Hayot et basé en Martinique, GBH avait racheté Mangrove Global Ltd en février 2023. Le distributeur londonien, créé en 2006 par Nick Gillett et John Coe, a alors été intégré à Spiribam, entité qui coordonne l’ensemble des activités spiritueux du groupe. Mangrove emploie une trentaine de collaborateurs et assure la distribution au Royaume-Uni des rhums du groupe – Rhum Clément, Rhum JM, Bounty, Chairman’s Reserve, Admiral Rodney, Arcane et Beach House Spiced – ainsi qu’un portefeuille de marques partenaires en gin, tequila, whisky, vodka et liqueurs. Nick Gillett continue de diriger l’entreprise.

EcoSpirits, une technologie de distribution en circuit fermé

Fondée à Singapour fin 2018, EcoSpirits développe une solution de distribution de spiritueux destinée à éliminer le verre à usage unique dans le secteur de l’hôtellerie-restauration. Son système repose sur trois éléments : l’ecoPlant, unité de remplissage locale, l’ecoTote, récipient de 4,5 litres en verre antichoc, réutilisable et recyclable, équivalent à six bouteilles standards de spiritueux, et le SmartPour, distributeur électronique installé au bar pour le service au verre. La société est présente sur plusieurs marchés en Asie-Pacifique, en Europe et en Amérique du Nord, via un réseau d’opérateurs sous licence.

Une activité britannique déjà adossée à Mangrove

Mangrove avait été l’investisseur initial et le partenaire de lancement d’EcoSpirits au Royaume-Uni en avril 2021, à travers la création de la première entité licenciée hors d’Asie. Le distributeur avait alors financé l’installation d’un ecoPlant à Londres ainsi que le déploiement des ecoTotes et SmartPour auprès des bars, restaurants et cavistes. Plusieurs marques de son portefeuille avaient progressivement été intégrées au système. La reprise par Mangrove de l’activité EcoSpirits au Royaume-Uni transforme cette relation de licence en intégration capitalistique au sein du périmètre Spiribam.

Source

GBH (communiqué), Spiribam, Mangrove Global Ltd, EcoSpirits, Drinks Retailing News, The Spirits Business, Rayon Boissons.



France : le groupe Famille Perrin prend le contrôle majoritaire de la maison Alain Milliat (jus de fruits)

Le groupe vigneron rhodanien Famille Perrin a annoncé le 12 mai 2026 être devenu actionnaire majoritaire de la maison Alain Milliat, spécialiste drômois des jus de fruits haut de gamme. Le fondateur Alain Milliat et le directeur général Pierre-Olivier Gandon conservent une participation minoritaire et restent opérationnels. Les deux sociétés poursuivront leurs activités de manière indépendante depuis leurs sièges respectifs d’Orange (Vaucluse) et de Valence (Drôme).

L’opération valorise Alain Milliat à plus de 20 M€, selon les informations publiées par CFNews. Le processus de vente aurait attiré quatre offres fermes, dont une émanant d’un autre groupe de vins et spiritueux. Le groupe Chevrillon, entré au capital en 2016 et jusqu’alors largement majoritaire, sort de l’actionnariat aux côtés de l’investisseur belge Pierre-Marie Verbeeck.

Deux maisons familiales de positionnement premium

Famille Perrin emploie une cinquantaine de collaborateurs et affiche un chiffre d’affaires de l’ordre de 200 M€, généré à plus de 80 % à l’international. Le groupe exploite 300 hectares de vignes certifiées en agriculture biologique et biodynamique entre la vallée du Rhône, la Provence et la Californie, avec pour propriétés emblématiques le château de Beaucastel à Châteauneuf-du-Pape et le domaine du Clos des Tourelles à Gigondas. Il édite par ailleurs La Vieille Ferme, première marque française de vins aux États-Unis, et Miraval, lancée en collaboration avec Brad Pitt et Angelina Jolie. La direction opérationnelle est notamment assurée par Marc Perrin, représentant de la cinquième génération.

Alain Milliat compte une cinquantaine de salariés et a généré environ 18 M€ de chiffre d’affaires en 2024, pour une marge d’Ebitda d’environ 15 %. L’activité a triplé depuis 2016. La maison drômoise est distribuée auprès de 3 000 cafés, restaurants et hôtels, ainsi que dans les épiceries fines, avec des références comme Le Bon Marché, les Galeries Lafayette et Monoprix. L’export représente désormais 30 % des ventes, notamment au Japon.

Une extension vers le segment no-low

Pour Famille Perrin, l’opération constitue une diversification vers les boissons premium sans alcool, dans un contexte de consommation d’alcool plus modérée. Alain Milliat avait amorcé un rapprochement avec l’univers vinicole en octobre 2025 en lançant une gamme de jus de raisin pétillants dont le packaging et le choix des cépages — chardonnay pour le « blanc de blancs », pinot noir pour le « blanc de noirs » — reprennent les codes des vins mousseux.

Cap sur l’accélération internationale

L’ambition affichée porte sur le déploiement international d’Alain Milliat. Pierre-Olivier Gandon indique vouloir reproduire à l’échelle mondiale le modèle de distribution sélective éprouvé en France, sans modifier les exigences qui ont construit la réputation de la marque. Famille Perrin apporte un réseau commercial structuré, notamment aux États-Unis et au Royaume-Uni. À l’inverse, l’implantation d’Alain Milliat dans les belles tables et les épiceries fines à travers le monde pourrait, à terme, bénéficier aux vins du groupe rhodanien.

Source
CFNews, Vitisphere, Rayon-Boissons, Le Journal des Entreprises, Agra, Néorestauration, Mémento Paris ; communiqué conjoint Famille Perrin / Alain Milliat, 12 mai 2026. 





Etats-Unis : Chanel renforce son ancrage en Napa Valley avec le rachat de Rudd Estate (Napa)

Le groupe Chanel, propriété des frères Alain et Gérard Wertheimer, poursuit le développement de son portefeuille viticole avec l’acquisition de Rudd Estate, domaine situé dans la sous-appellation d’Oakville, au cœur de la Napa Valley. L’opération a été officialisée mi-avril 2026 par l’intermédiaire de St. Supéry Estate Vineyards & Winery, propriété californienne du groupe depuis 2015. Selon les informations relayées par le Napa Valley Register, qui s’appuie sur le montant des droits de mutation enregistrés au greffe du comté, la transaction s’élève à environ 39 M$. Le prix de cession n’a pas été communiqué officiellement par les parties.

Une propriété de 26 hectares en Oakville

Rudd Estate a été fondé en 1996 par Leslie Rudd, entrepreneur américain du secteur de la grande distribution alimentaire, à la suite du rachat de l’ancienne winery Girard. La direction du domaine est assurée depuis 2016 par sa fille, Samantha Rudd. Leslie Rudd est décédé en 2018. La cession a été menée par les fiduciaires de la succession Leslie G. Rudd.

Le périmètre de l’opération comprend la propriété foncière de 26 hectares, dont 19 plantés de vignes, l’outil de production, les stocks ainsi que les marques Rudd et Crossroads by Rudd. Le domaine est connu pour ses vins rouges et blancs élaborés à partir de cépages bordelais, avec une réputation établie sur le cabernet sauvignon d’Oakville. Les bouteilles se positionnent dans une fourchette de prix comprise entre 50 et 200 $. La gamme Crossroads by Rudd constitue le second label, dans une approche tarifaire plus accessible. Le domaine est conduit en viticulture biologique et biodynamique.

Une consolidation du dispositif californien

Avec ce rachat, St. Supéry porte son emprise foncière en Napa Valley à environ 667 hectares, dont près de 243 hectares plantés en vignes, répartis sur quatre sites distincts : le Dollarhide Estate Vineyard au nord-est de la vallée, deux parcelles à Rutherford et désormais le vignoble d’Oakville. L’acquisition de St. Supéry par Chanel en 2015 portait sur un ensemble de bien plus grande dimension que Rudd Estate, principalement orienté vers la production de sauvignon blanc, de cabernet sauvignon et d’assemblages bordelais.

L’opération conforte la présence du groupe dans l’une des sous-appellations les plus recherchées de Napa Valley. La direction de St. Supéry, sous la conduite d’Emma Swain, indique avoir engagé une recherche d’opportunités foncières en Napa Valley depuis 2015.

Un portefeuille viticole étoffé

Les activités viticoles de Chanel se sont structurées sur plus de trois décennies. Le premier investissement remonte à 1994 avec l’acquisition du Château Rauzan-Ségla, second cru classé de Margaux. Le groupe a ensuite étendu son périmètre bordelais avec les châteaux Canon (premier grand cru classé) et Berliquet à Saint-Émilion. En 2015, l’acquisition de St. Supéry a marqué l’entrée du groupe en Californie. En 2019, Chanel a pris pied en Provence avec le Domaine de l’Île sur l’île de Porquerolles, suivi du Domaine Perzinsky, devenant ainsi le principal propriétaire viticole de l’île.

À ces actifs de production s’ajoutent le négociant bordelais Ulysse Cazabonne et le réseau de cavistes Lavinia. Le rachat de Rudd Estate constitue le deuxième investissement viticole de Chanel en Napa Valley et le septième domaine viticole du groupe à l’échelle mondiale.

Source
Napa Valley Register, Wine Spectator, The Drinks Business, Luxury Daily, Vinetur, communiqué St. Supéry Estate Vineyards & Winery.







vendredi 17 avril 2026

Bourgogne : Louis Roederer entre en négociations exclusives pour l’acquisition du Domaine Pierre Damoy

Le groupe familial Champagne Louis Roederer a annoncé, le 9 avril 2026, être entré en négociations exclusives en vue d’acquérir le Domaine Pierre Damoy, situé à Gevrey-Chambertin, en Côte de Nuits. L’opération, dont le montant n’a pas été divulgué, reste soumise à la conclusion des accords définitifs et à la satisfaction des conditions suspensives usuelles.

Un patrimoine de grands crus en Côte de Nuits

Le Domaine Pierre Damoy détient près de huit hectares répartis sur trois grands crus de Gevrey-Chambertin : 5,36 hectares dans le Chambertin-Clos-de-Bèze — dont il est le plus grand propriétaire sur les 15,39 hectares que compte l’appellation —, 2,22 hectares en Chapelle-Chambertin et 0,48 hectare en Chambertin. Il possède également le monopole du Gevrey-Chambertin Clos Tamisot (1,45 ha), ainsi que des parcelles en Chambolle-Musigny et Fixin.

L’histoire du domaine s’ancre à Gevrey-Chambertin au début du XXe siècle, lorsqu’il est acquis par Julien Damoy, entrepreneur normand qui avait bâti un réseau d’épiceries employant jusqu’à 2 400 personnes en 1936. Le domaine est aujourd’hui géré par Pierre Damoy, 61 ans.

Roederer Collection : une diversification géographique de long terme

Fondé en 1776 et basé à Reims, le groupe Louis Roederer exploite un vignoble de 250 hectares, dont 135 certifiés en agriculture biologique, et développe depuis plusieurs années une stratégie de diversification.

Roederer Collection réunit aujourd’hui, aux côtés de Champagne Louis Roederer et de Cristal : Champagne Deutz ; les domaines bordelais Château Pichon Longueville Comtesse de Lalande et Château de Pez ; les Domaines Ott en Provence ; la Maison Delas Frères dans la Vallée du Rhône ; Ramos Pinto au Portugal ; et, en Californie, Roederer Estate, Scharffenberger Cellars, Domaine Anderson, Merry Edwards Winery et Diamond Creek.  L’acquisition du Domaine Pierre Damoy porterait à onze le nombre de domaines viticoles regroupés sous l’enseigne Roederer Collection.

Dans son communiqué, le groupe justifie l’opération par sa volonté de réunir autour de Louis Roederer « des vins et des Maisons d’exception dans le respect de leur histoire, de leur identité et de leur ancrage au sein des plus grands terroirs viticoles ».

Un mouvement qui s’inscrit dans une tendance sectorielle

L’annonce intervient dans un contexte où plusieurs grandes maisons de Champagne ont déjà étendu leur présence en Bourgogne. Le groupe Henriot, via Bouchard Père & Fils, et Bollinger, à travers le Domaine Chanson, ont respectivement consolidé des positions significatives sur le vignoble bourguignon. L’entrée de Louis Roederer à Gevrey-Chambertin s’inscrit dans cette dynamique de diversification géographique des groupes champenois familiaux vers les terroirs de vins tranquilles de référence.

Sources
Communiqué de presse Champagne Louis Roederer, 9 avril 2026
Bourgogne Aujourd’hui, avril 2026
The Drinks Business, avril 2026
AFP / Boursorama, 9-10 avril 2026
Site SAFER Bourgogne (avis de cession SCEV Domaine Pierre Damoy)