mercredi 25 février 2026

Savoie : la famille Chifflot s’impose dans les vins savoyards

La viticulture savoyarde connaît un tournant stratégique à l’orée de 2026 avec l’émergence d’un nouvel acteur majeur : Guy Chifflot, homme d’affaires lyonnais bien connu, et son petit-fils Thomas Chifflot-Thannberger. Ces derniers ont acquis coup sur coup deux maisons viticoles emblématiques de Savoie, consolidant leur position dans une région historiquement moins structurée mais riche en potentiel. 

Un duo intergénérationnel à la tête de deux acquisitions majeures

Le premier coup a été mené à l’été 2025 avec la reprise de Maison Philippe Viallet, un acteur historique du vin de Savoie comptant 112 hectares de vignes et une production annuelle d’environ 2 millions de cols. Fondée en 1966, cette maison de négoce et de production avait déposé le bilan suite à un cycle d’investissements lourds et à un contexte économique difficile ; le plan de reprise a été validé par le tribunal de commerce de Chambéry en 2025 en faveur de la famille Chifflot. 

Quelques mois plus tard, en décembre 2025, le duo a conclu la prise de contrôle de Perrier et Fils, un domaine de 52 hectares également placé en redressement judiciaire. Cette opération suivait déjà la sécurisation des vendanges de l’été précédent et illustre la volonté des repreneurs d’intégrer différents segments de la production locale. 

Désormais, les Chifflot contrôlent plus de 30 % du marché des vins de Savoie, une part significative dans un vignoble régional totalisant environ 2 000 hectares. 

Une organisation structurée autour de deux sites complémentaires

La stratégie de développement mise en place repose sur une rationalisation industrielle et commerciale :

  • Le site principal de la Maison Viallet à Apremont sera centralisé pour les opérations logistiques, conditionnement et organisation commerciale, profitant d’une capacité théorique de plusieurs millions de bouteilles par an ;  
  • Le site historique du domaine Perrier et Fils restera dédié à la vinification des vins tranquilles et à l’élaboration des bases de crémant, segment identifié comme axe stratégique d’avenir, notamment pour les marchés export.  

Ce mode d’organisation vise à économiser les coûts et à optimiser la compétitivité, tout en préservant l’ancrage qualitatif des vins produits sur la Combe de Savoie. 

Des ambitions commerciales fortes

Parmi les objectifs affichés, la nouvelle entité vise un chiffre d’affaires de 20 M€ en 2026, soutenu par une stratégie commerciale offensive, incluant le renforcement des débouchés nationaux et une expansion sur les marchés internationaux où les vins savoyards — et particulièrement les crémants — peuvent bénéficier d’un positionnement attractif face aux effervescents plus chers. 

La Savoie, souvent associée à une consommation locale autour du fromage et des plats montagnards, pourrait ainsi gagner en visibilité sur les circuits export, notamment en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie. 

Un investisseur atypique mais engagé

À 85 ans, Guy Chifflot est un entrepreneur chevronné, ancien président fondateur du groupe Orapi, spécialiste de l’hygiène professionnelle, qui s’est lancé dans l’aventure vinicole sans lien familial antérieur avec ce secteur. Il opère aujourd’hui ce virage industriel avec son petit-fils Thomas, dont l’implication opérationnelle s’accompagne d’une formation en œnologie. 

Cette dynamique illustre une nouvelle phase de consolidation dans les vins de Savoie, où des capitaux extérieurs et une vision industrielle peuvent participer à structurer un vignoble encore fragmenté et favoriser sa montée en gamme. 


États Unis : Diageo cède la liqueur Sheridan’s à Casa Redondo ouvrant un nouveau chapitre pour la marque iconique

Le groupe britannique Diageo, leader mondial des spiritueux, a finalisé la vente de sa liqueur Sheridan’s au groupe portugais Casa Redondo. Cette opération, annoncée en septembre 2025 et effective début 2026, s’inscrit dans la stratégie de Diageo de rationalisation de son portefeuille pour se concentrer sur ses marques stratégiques et maximiser la création de valeur pour ses actionnaires. 

Sheridan’s : une liqueur unique au rayonnement international

Lancée en 1994, Sheridan’s est une liqueur café-crème au format distinctif à deux compartiments, reconnue pour son style original et sa large distribution. Elle est présente dans plus de 50 marchés à travers le monde, avec une forte visibilité en Europe et une certaine notoriété auprès des amateurs de spiritueux. 

Sa cession intervient dans le cadre d’un mouvement plus large de désengagement de certaines marques jugées non-stratégiques par Diageo, une tendance qui avait déjà conduit à la vente de marques comme Pampero ou Cacique ces derniers mois. 

Une stratégie de portefeuille plus ciblée chez Diageo

Selon les communiqués officiels de Diageo, la vente de Sheridan’s répond à l’objectif affiché de gestion plus efficace du portefeuille de marques et d’optimisation des ressources vers les segments jugés prioritaires. Dans ce cadre, le groupe se recentre notamment sur les catégories où il détient des positions fortes, comme les whiskies premium, les vodkas et certaines ready-to-drink. 

Cette opération s’ajoute à plusieurs désinvestissements récents qui témoignent d’une politique active de rationalisation adoptée par Diageo dans un marché mondial des spiritueux en mutation. 

Casa Redondo : une consolidation de sa présence internationale

Pour Casa Redondo, cette acquisition est une étape importante dans sa stratégie d’expansion internationale. Le groupe, connu pour sa marque emblématique Licor Beirão ainsi que pour des acquisitions récentes comme Safari (également achetée à Diageo l’été précédent), entend renforcer son portefeuille de spiritueux avec des marques à forte reconnaissance et à potentiel mondial. 

La direction de Casa Redondo a souligné que l’intégration de Sheridan’s à son catalogue permettrait de consolider sa présence sur les marchés internationaux et de poursuivre une croissance durable.

Un accord de transition pour garantir la conti

Dans le cadre de la transaction, un accord de services transitoires a été conclu entre Diageo et Casa Redondo afin de garantir une transition en douceur des opérations, notamment en termes de logistique, distribution et marketing, limitant ainsi les risques pour la marque et ses partenaires commerciaux. 


Bordeaux : Château La Couspaude racheté par la famille Flurin en partenariat avec les Vignobles K

Le prestigieux Grand Cru Classé de Saint-Émilion, Château La Couspaude, change de mains début 2026 après plusieurs années sur le marché, marquant un tournant important dans l’histoire de ce domaine emblématique. 

Un domaine historique entre tradition et modernité

Situé sur le plateau calcaire aux portes du village médiéval de Saint-Émilion, La Couspaude est un domaine de 7 hectares en un seul tenant, réputé pour l’expression délicate de son terroir, alliant finesse et profondeur aromatique. 

Classé dans le classement des Grands Crus Classés de Saint-Émilion, il bénéficie d’une reconnaissance internationale fondée sur des années de travail de la famille Aubert et de collaborations techniques prestigieuses. 

L’arrivée d’une nouvelle gouvernance familiale

L’acquisition a été réalisée par Véronique et Pierre-Henri Flurin, qui prennent désormais les rênes de La Couspaude. Selon les communiqués officiels, les Flurin considèrent ce cru non pas comme un simple actif économique, mais comme un patrimoine vivant à préserver. Leur projet s’appuie sur une vision durable, respectueuse du terroir, de la vigne et de l’environnement. 

Pierre-Henri Flurin est un chirurgien orthopédiste spécialisé en traumatologie, notamment à la Clinique du Sport à Bordeaux, tandis que Véronique Flurin exerce en pédiatrie et développement médical au CHU Pellegrin de Bordeaux. Leur passion commune pour les grands vins de Bordeaux est au cœur de cette acquisition. 

Vignobles K et la continuité de la qualité

La gestion technique et commerciale du domaine sera confiée à Vignobles K, une structure déjà bien implantée sur la Rive droite bordelaise, fondée par l’homme d’affaires sino-vietnamien Peter Kwok et réunissant plusieurs propriétés comme Château Bellefont-Belcier, Château Tour Saint Christophe ou encore Château Haut-Brisson. 

Sous la direction de Jean-Christophe Meyrou, les équipes de Vignobles K assureront le suivi du vignoble et les vinifications, avec une attention particulière portée à l’expression du terroir et à une approche qualitative inscrite dans le long terme. 

Un signal dans un marché bordelais en mutation

Cette transaction intervient dans un contexte complexe pour le vignoble bordelais, marqué par une pression sur les prix du foncier et une recherche de modèles économiques renouvelés. La cession d’un cru classé comme La Couspaude à des acquéreurs extérieurs au monde strictement viticole illustre une tendance plus large : des profils divers investissent désormais dans les grands terroirs, avec l’objectif de concilier tradition, respect de l’environnement et vision stratégique sur les marchés mondiaux. 

Perspectives pour Château La Couspaude

Les nouvelles orientations données au domaine visent à renforcer sa notoriété internationale tout en respectant son histoire centenaire. L’intention affirmée des Flurin est de maintenir l’identité qualitative du vin, tout en accentuant une gestion durable du vignoble — un cap qui pourrait servir d’exemple au sein de l’appellation Saint-Émilion. 



États-Unis : Gallo se renforce en spiritueux et acquiert le bourbon Four Roses

Le groupe américain E. & J. Gallo Winery, premier acteur mondial du vin, a annoncé début février l’acquisition de la marque de bourbon Four Roses auprès du groupe japonais Kirin Holdings pour un montant de 775 millions de dollars, soit environ 120 milliards de yens. La transaction, qui devrait être finalisée au deuxième trimestre 2026, marque une étape importante dans la montée en puissance de Gallo sur le marché des spiritueux, après déjà une prise de participation dans Horse Soldier Bourbon en 2022. 

La marque Four Roses, fondée en 1888 à Lawrenceburg (Kentucky), a été détenue par Kirin depuis 2002, après la scission des actifs de Seagram’s. Elle s’est imposée comme l’un des leaders des bourbons ultra-premium aux États-Unis et occupe actuellement la 8ᵉ place mondiale en volume de bouteilles commercialisées. 

Un repositionnement stratégique pour Kirin

Kirin avait indiqué rechercher jusqu’à 1 milliard de dollars pour la vente de cette marque, dans le cadre d’un recentrage de ses activités vers des secteurs à plus forte croissance, notamment la santé et les sciences de la vie. La cession de Four Roses s’inscrit donc dans une stratégie de réallocation des ressources vers des activités considérées comme plus stratégiques, malgré la croissance soutenue du bourbon sous sa gouvernance. 

Un choix stratégique pour Gallo

Pour Gallo, encore davantage reconnu pour ses vins et ses boissons prêtes à boire — notamment la très performante marque High Noon — l’achat de Four Roses représente un élargissement significatif de son portefeuille de spiritueux, surtout dans le segment du whiskey américain. Le bourbon constitue aujourd’hui un segment incontournable de la catégorie des spiritueux premium, attirant un public de connaisseurs tout en enregistrant une solide dynamique de consommation. 

Gallo n’a pas indiqué de changements immédiats concernant les opérations, la production ou la distribution de Four Roses après l’acquisition, ce qui suggère un maintien de la continuité de la marque et de sa distillerie historique dans le Kentucky. 

Un marché des spiritueux en évolution

Cette opération intervient dans un contexte où l’industrie du whiskey américain connaît des évolutions contrastées — avec une légère baisse de certaines catégories de revenus globales, même si la demande pour des produits haut de gamme reste robuste. La consolidation de marques emblématiques comme Four Roses entre les mains d’un géant du vin comme Gallo illustre cette tendance de diversification des grands acteurs vers des segments à forte valeur ajoutée. 



lundi 23 février 2026

Loire : Bougrier mène une nouvelle opération de LBO consolidant la famille au capital

La Maison Bougrier, acteur historique du négoce et de la vinification en Vallée de la Loire, a récemment enclenché une nouvelle étape de son développement via une opération de type MBO (Management Buy-Out) accompagnée par Crédit Mutuel Equity, marquant une accélération stratégique de sa trajectoire de croissance dans un marché en pleine consolidation.

Une maison familiale ancrée dans l’histoire du vin ligérien

Fondée au cœur de la Loire, la famille Bougrier a bâti au fil de six générations une maison de vins reconnue tant pour la diversité de ses appellations que pour son ancrage régional. Elle couvre l’ensemble des vignobles ligériens — du Muscadet au Centre Loire — et conjugue négoces, vinification et commercialisation des vins en France et à l’international. 

Dans les dernières décennies, la société s’est distinguée par sa capacité à allier traditions familiales et professionnalisation de sa gestion : elle dispose de plusieurs vendangeoirs et d’infrastructures propres de stockage et d’embouteillage, et exporte près de la moitié de sa production dans une trentaine de pays. 

Historiquement moteur de la viticulture locale, Noël Bougrier — aujourd’hui à la tête de la maison — a joué un rôle important dans les instances professionnelles régionales et nationales, symbolisant l’engagement de l’entreprise dans la filière viticole française. 

Retour sur l’opération stratégique de 2018

En 2018, face au besoin d’anticiper la transmission tout en consolidant la croissance, la Maison Bougrier avait ouvert une première fois son capital à Crédit Mutuel Equity (alors sous la marque CM-CIC Investissement). L’objectif affiché était d’accompagner le passage de relais vers la nouvelle génération — en particulier vers Nicolas Bougrier — tout en renforçant les moyens de développement à l’international et sur les segments de qualité. 

L’opération 2026 : « la seconde fermentation »

Huit années plus tard, la maison effectue ce que plusieurs observateurs qualifient de « seconde fermentation » : une opération MBO structurée autour d’une réitération du partenariat avec Crédit Mutuel Equity. Selon les premières synthèses disponibles, l’opération repose sur un effet de levier croissant, avec une capitalisation renforcée et une structuration financière pensée pour accompagner une nouvelle phase d’expansion dans un environnement très concurrentiel pour les maisons indépendantes. 

Cette opération traduit plusieurs tendances lourdes du secteur :

  • La nécessité pour les maisons familiales de renforcer leur structure financière pour répondre aux défis d’un marché qui se concentre et s’internationalise.
  • L’importance du soutien d’investisseurs de long terme, capables d’apporter non seulement des capitaux mais aussi un accompagnement stratégique pour structurer la croissance.
  • Une transmission maîtrisée en phase avec les valeurs du fondateur, tout en assurant la pérennité et l’indépendance de l’entreprise dans un marché parfois dominé par des groupes internationaux.

Des ambitions claires : qualité, montée en gamme et international

Le rapprochement renouvelé avec Crédit Mutuel Equity ne remet pas en question l’identité de la maison : il la renforce. L’opération vise à soutenir les priorités stratégiques :

  • Montée en gamme des vins produits et commercialisés sous les marques Bougrier ;
  • Renforcement de la présence à l’export, notamment sur des marchés où les vins de la Loire connaissent une appétence croissante ;
  • Accompagnement de l’équipe dirigeante dans la structuration des actifs et des capacités industrielles.  

Une success story ligérienne revisitée

L’histoire de Maison Bougrier est celle de la transformation continue d’une entreprise familiale soucieuse de concilier héritage et modernité. L’opération de 2026 s’inscrit dans ce mouvement, illustrant la force d’un modèle économique mêlant racines régionales, structures patrimoniales et financement long terme.

Dans un secteur où les fusions-acquisitions et les consolidations s’accélèrent, cette seconde fermentation pourrait bien être le levier qui permettra à Bougrier de conjuguer son passé prestigieux avec un avenir de croissance durable — en France et à l’international.




lundi 16 février 2026

Provence : Concha y Toro (Chili) rachète Maison Mirabeau

Le producteur chilien Concha y Toro annonce l’acquisition de Maison Mirabeau en Provence, son premier domaine français, afin de renforcer son portefeuille haut de gamme avec une marque mondialement connue pour ses vins rosés.

Fondée en 2010 par Jeany et Stephen Cronk, Maison Mirabeau est particulièrement bien implantée au Royaume-Uni où elle est l'un des principaux fournisseurs de rosé de Provence pour la restauration. Aux États-Unis, la marque est importée par Winebow depuis 2023. « Nous sommes convaincus que le réseau de distribution mondial de Viña Concha y Toro permettra à l'essence et à la qualité de Maison Mirabeau d'atteindre de nouveaux marchés et consommateurs », a déclaré Stephen Cronk, qui restera PDG de la marque.

Avec cet accord, qui doit encore être approuvé par les autorités françaises, Concha y Toro ajoute la France à ses activités viticoles mondiales, qui comprennent également, outre le Chili dont il est le premier metteur en marché de vins chiliens, l'Argentine, la Californie, l'Espagne et le Mexique. La société affiche un volume mondial de production d'environ 360 M de bouteilles, dont plus de 38 M aux États-Unis.

Source : V&S News




mardi 27 janvier 2026

Bourgogne : Louis Jadot rachète les crémants Louis Picamelot

La consolidation du marché des Crémants s’accélère : Louis Jadot entre dans le jeu avec le rachat de Louis Picamelot

Le mouvement de concentration qui traverse depuis plusieurs années le marché français des vins effervescents s’intensifie. Longtemps dominé par le Champagne, le segment des Crémants — porté par une demande croissante pour des bulles de terroir à prix plus accessibles — attire désormais l’attention des grandes maisons historiques. Dernier exemple en date : la maison beaunoise Louis Jadot annonce la reprise de Louis Picamelot, référence majeure du crémant de Bourgogne.

Une acquisition stratégique pour Louis Jadot

Avec cette opération, Louis Jadot fait une entrée remarquée dans l’univers des effervescents bourguignons. Jusqu’à présent, la maison ne produisait pas de crémant de Bourgogne. Ce rachat marque donc une étape importante dans l’élargissement de son portefeuille, tant sur le plan régional qu’en terme de stratégie de marques.

Fondée en 1926 et implantée à Rully, en Côte chalonnaise, la maison Louis Picamelot était dirigée par Philippe Chautard, petit-fils du fondateur. Faute de succession familiale, la transmission de l’entreprise s’est imposée comme une nécessité. Louis Jadot s’est positionnée pour assurer cette continuité.

Thomas Seiter, président de Louis Jadot, précise les intentions du groupe : « Nous entendons assurer la pérennité et le rayonnement durable de la Maison Louis Picamelot, dans un esprit de transmission respectant ses valeurs et ses équipes. Celle-ci reste ancrée à Rully et conservera son identité et son positionnement. » Un message clair visant à rassurer tant les salariés que les amateurs fidèles de la marque

Louis Picamelot, pionnier des “crémants de terroirs”

Louis Picamelot s’est imposée au fil des décennies comme l’une des signatures emblématiques du crémant de Bourgogne. La maison revendique une approche fondée sur les « crémants de terroirs », mettant en avant des lieux-dits précis, notamment issus de parcelles acquises en Côte de Beaune.

Le domaine s’étend aujourd’hui sur une vingtaine d’hectares et produit environ 300 000 bouteilles par an, réparties sur une dizaine de cuvées. La maison participe également à la renaissance du vignoble du Dijonnais, illustrant son engagement dans le développement de nouveaux bassins viticoles bourguignons.

Ses vins bénéficient d’une solide notoriété auprès des amateurs de bulles, grâce à un style précis, tendu et expressif, fidèle aux caractéristiques des climats bourguignons.

Un mouvement qui dépasse la Bourgogne

Cette acquisition s’inscrit dans une dynamique plus large de consolidation du marché des Crémants. Face à la montée en gamme de ces appellations et à leur succès à l’export, les acteurs structurés cherchent à renforcer leur présence sur ce segment stratégique.

À noter également que Kobrand Wine & Spirits, importateur américain et maison mère de Louis Jadot, ne commercialisait jusqu’ici aucun crémant de Bourgogne. Sa gamme d’effervescents français se limitait au crémant de Loire et au Saumur de Bouvet Ladubay. L’intégration de Picamelot ouvre donc de nouvelles perspectives commerciales, notamment sur le marché nord-américain.

Vers un nouveau paysage des effervescents français

Avec cette opération, Louis Jadot confirme son ambition de rester un acteur majeur des vins de Bourgogne tout en accompagnant l’évolution des attentes du marché. Pour Louis Picamelot, l’adossement à une maison de renommée internationale offre les moyens d’assurer sa pérennité et d’amplifier son rayonnement.

Au-delà de ce rapprochement, c’est l’ensemble du secteur des Crémants qui poursuit sa mutation : montée en qualité, affirmation des identités de terroir et structuration industrielle dessinent progressivement un nouveau paysage des bulles françaises, où les maisons historiques côtoient désormais des spécialistes régionaux intégrés à de grands groupes.